musique

[Musique] JACCO GARDNER – « HYPNOPHOBIA »

Hypnophobia

Depuis son apparition en 2013, Jacco Gardner a toujours eu un petit côté champêtre, avec sa pop psychédélique baroque que l’on se verrait parfaitement écouter en pleine campagne : une guitare folk, quelques notes de clavecin, des harmonies enivrantes de légèreté, et nous voilà à gambader dans les prés tel un cabri.

Si ce nouvel essai Hypnophobia reprend la (bonne) recette de Cabinet of Curiosities, il pousse le bouchon un peu plus loin. Fasciné par cet état intermédiaire entre la veille et le sommeil, Jacco Gardner a ainsi conçu son nouvel album comme un rêve éveillé, qui verrait l’auditeur léviter au-dessus de sa vie. Avouant lui­-même s’être inspiré de musiques d’ambiance et cinématographiques, il met ainsi en scène la réalité comme un doux songe, dont un boys band des 60’s jouerait en live la bande­-son dans un coin de l’écran (que quelqu’un me fasse oublier le film Birdman, s’il vous plaît).
Gorgé de ces nouvelles influences moins vintage, il ose donc les longues plages instrumentales d’entrée (« Grey Lanes »), la nostalgie mélodique assumée (sublime « Find Yourself ») et surtout une réelle étrangeté (« Another You » et ses ruptures de ton). A l’image des dieux de la pop sous­-estimée que sontMidlake et The Coral (sur le titre « Hypnophobia », on croirait littéralement entendre le groupe maudit de Liverpool), Jacco Gardner a le don de nous émouvoir avec trois fois rien et de faire évoluer son style sans chercher l’expérimentation à tout prix, ce qui est toujours très tentant lorsque l’on touche à la musique psyché. « Make Me See » ouvre ainsi à la voie à de nouvelles audaces sonores, avec un clavier qu’on ne lui connaissait pas. La preuve que le Néerlandais, même bien caché derrière ses longs cheveux, en a encore sous le coude et nous réserve encore pas mal de surprises pour les années à venir.

La dernière piste « All Over », instrumentale elle aussi, résonne ainsi comme une promesse de lendemains musicaux toujours plus aventureux. Si ce morceau ne contient aucune parole, il n’en est pas moins rempli d’espoir. Celui de voir un musicien sortir de son image de gentil folkeux pour devenir un réel sorcier des temps modernes.

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