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[Musique] MAC DEMARCO, « ANOTHER ONE »

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Another one pour Mac DeMarco qui, depuis quelques années, s’est visiblement donné pour mission de nous rendre heureux par sa musique, à en juger par ses trois premiers albums rayonnants et par ses performances scéniques déjantées. Que peut­-il nous apporter encore de plus aujourd’hui avec ce mini­album enregistré dans sa chambre (littéralement) ?

La vraie question est en fait toute autre : comment chroniquer un album qui vous touche en plein cœur sans explication logique, qui vous parle simplement parce qu’il vous donne l’impression d’être la bande son de votre vie ? C’est la tâche ardue qu’offre la nouvelle potion magique de Mac DeMarco, soit huit petites pépites pop­/folk dont lui seul a le secret.
Retiré depuis l’automne dernier dans sa maison de la lointaine baie de Far Rockaway, Queens, New York, le leader des slackers a composé et enregistré en toute tranquillité sept poèmes amoureux et quelques vagues salées qui nous revigorent puis viennent délicatement mourir sur le bout de nos pieds. Dans cette ode à l’amour mais aussi à la solitude, le Canadien, tel le baron perché d’Italo Calvino, sonde avec perspicacité les sentiments humains, replié dans sa maison au bord de l’eau, loin du tumulte urbain. Comme le jeune Côme, qui s’était retiré du monde pour partir vivre dans les arbres, il sait en effet que « pour bien voir la terre, il faut la voir d’un peu loin ». Et c’est ainsi qu’il parvient à nous livrer des chansons capables de nous accompagner à n’importe quel moment de notre vie en s’intégrant parfaitement dans notre quotidien, en lisant naturellement dans nos pensées. Bouquiner sur la plage en été, partager un repas dominical en famille, supporter une dure journée de travail, réparer un cœur brisé… Mac sait se rendre indispensable et c’est ce qui crée ce lien unique entre son œuvre et son auditeur. Il paraît alors futile de relever la naïveté touchante de « The Way You’d Love Her », le piano mélancolique de « Another Heart », la subtilité émotionnelle de « No Other Heart », l’adieu déchirant de douceur de « Without Me » ou le fait que Mac nous ponde encore la plus belle chanson du monde depuis « Chamber Of Reflection » avec « A Heart Like Hers ». L’essentiel est que cet album, comme chacun des morceaux qui le compose, apportera à chaque personne qui l’écoutera tout ce dont elle a besoin.

Alors oui, à la sortie de ces nouveaux titres, j’ai pu entendre ici ou là « qu’il ne faisait encore QUE duMac DeMarco ». Euh… Et alors ? A priori, personne ne le fait mieux que lui ! Personne n’écrit des mélodies aussi simplement belles qui nous font rire et pleurer en même temps et personne n’est capable de livrer une meilleure interprétation que l’originale à bord d’une barque et armé d’un seul synthé (la version pour NPR de « No Other Heart », la perfection faite vidéo). En ce qui me concerne, il peut donc continuer à faire du Mac DeMarco aussi longtemps qu’il le souhaitera.

PS : [spoiler alert] la fin de l’album vous réserve une petite surprise.

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