musique

[Musique] GEORGIA, « GEORGIA »

kate-tempest

Un weekend à Londres digne de ce nom est toujours ponctué d’une visite au Rough Trade East, grand disquaire indépendant du quartier branché de Shoreditch, dans l’Est de la ville. Ma dernière excursion n’ayant pas fait exception à la règle, j’ai donc découvert que l’heureuse élue de leur titre d’ « Album of the Month » était cette fois-­ci la jeune Georgia, avec son premier album éponyme sorti chez Domino Records (Arctic Monkeys, Franz Ferdinand, Hot Chip…). Même pas besoin de passer aux bornes d’écoute : tous les éléments sont réunis, j’achète les yeux fermés. Ma foi londonienne ne s’y est pas trompée. Le premier effort de cette Anglaise originaire de North London est un pur produit de la capitale et un concentré de toutes ses qualités.

Comme Londres, cet album est multiculturel. La jeune Georgia a étudié l’ethnomusicologie avant d’apprendre à manier toutes sortes d’instruments exotiques, notamment lors d’un passage à Cuba. Le titre « Kombine » s’ouvre ainsi sur un sample de musique qawwalî d’Asie du Sud, tandis que « Move Systems » s’inspire des danses des favelas de Rio. Si elle n’a jamais quitté Londres, Georgia n’en est pas moins ouverte sur le monde et son identité sonore illustre parfaitement ce mélange de cultures cher à la capitale. Et c’est justement en confrontant les musiques les plus traditionnelles aux technologies les plus modernes qu’elle trouve son originalité.
Car, comme Londres, Georgia est également innovante est n’a pas peur des expérimentations en tout genre. Ses compositions électroniques sont sensuelles, envoûtantes et percutantes, comme la plupart des productions UK récentes, qui ont su mélanger soul et dancefloor (AlunaGeorge, Disclosure,Jamie Woon, Jessie Ware, j’en passe et des meilleurs Britons). Mais, à l’instar de ses compatriotes de Darkstar, elle a su insuffler à son œuvre une énergie plus brute, presque tribale. Finies les danses gluantes et les gambettes à l’air, la séduction passe désormais uniquement par la voix et les instruments, sans autre artifice ou diversion. Le tout pour obtenir un produit unique en son genre et totalement novateur.

Au final, comme Londres, Georgia est tout simplement géniale. Elle parvient à nous émouvoir sur sa ballade déchirante « Heart Wrecking Animals », à nous faire danser sur le catchy « Nothing Solutions », à nous intriguer sur le très sombre « Be Ache » et à nous surprendre avec les différentes strates de « Hold It », tout en gardant le plaisir de l’écoute en ligne de mire. Ce premier album participe donc à l’éternel renouvellement de la pop made in Britain et nous conforte ainsi dans l’idée que, quoi que l’on fasse, on ne sera jamais déçu par Londres.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s