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[Musique ] TOP 10 ROCK EN SEINE 2015

Faire un compte-rendu de festival, c’est bien. Faire un Top 10 des concerts, c’est mieux. Et cette édition 2015 de Rock en Seine, qui affichait un programme encore plus alléchant que d’habitude, méritait bien d’avoir le sien.

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1. Tame Impala 

Les attentes autour du concert de Tame Impala dimanche soir étaient aussi élevées que le niveau de leur dernier album « Currents », c’est-à-dire stratosphériques. Et pourtant, dire qu’il s’agit là du meilleur concert du festival relève de l’euphémisme. D’une beauté à pleurer, ce set restera très certainement dans la grande Histoire de Rock en Seine. Vers 20h30, les étoiles se sont ainsi clairement alignées pour nous offrir tout ce que « Cause I’m a Man » et « Why Won’t You Make Up Your Man » peuvent provoquer d’émotions psychédéliques et de bras en l’air. Entouré d’une aura capable d’envoyer des ondes de bonheur jusqu’à l’autre bout du domaine de Saint-Cloud, le gourou Kevin Parker était tout simplement sublime, tout de tee-shirt rose tie and dye et de joie timide vêtu. S’assumant désormais comme le leader charismatique qu’il est, l’Australien a pu entrer en communion avec un public en transe, venant parfois même à sa rencontre (le Kevin a bien changé), et assoir ainsi son doux pouvoir sur nos esprits. La perfection faite concert.

2. The Libertines 

Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités. Attendus comme le Messie, Pete Doherty et Carl Barat semblent en avoir conscience, puisque pour leur retour tant attendu, ils nous ont offert un show parfaitement maîtrisé et respectueux de leur public, sans oublier de partir dans quelques improvisations qui font le sel de ce genre de performance. Les deux enfants terribles étaient toujours aussi touchants et leur face-à-face toujours aussi magnétique, électrisant la plaine de Rock en Seine. Si les tubes « What Katie Did » et « Death On The Stairs » font toujours leur petit effet, surtout quand ils sont servis par un groupe aussi souriant et complice, les nouveaux morceaux trouvent idéalement leur place et nous confirment que The Libertines n’ont rien perdu de leur superbe de héros du rock anglais. Amour éternel et inconditionnel.

3. FFS

Cela devient presque une banalité de dire qu’à chaque fois qu’ils montent sur scène, les Franz Ferdinand font le boulot. En réalité, ils explosent le plafond, les murs et le sol. En collaboration avec le duo américain Sparks, leur prestation de vendredi n’a pas fait exception. Devant un public surchauffé, le super-groupe, visiblement très heureux d’être là, a enchaîné tel un rouleau compresseur tous les hits de son premier album éponyme, sans oublier d’y incorporer un « Do You Want To » et un « Take Me out » bienvenus, qui ont fini de tout détruire sur leur passage. That’s how it’s done.

4. Etienne Daho

Les plus grandes surprises sont souvent les plus belles. Je ne savais même pas que je connaissais des chansons d’Etienne Daho avant d’être happée par la ferveur qui émanait de la scène de la Cascade samedi soir. « Weekend à Rome », « Boomerang », « Le Premier Jour du Reste de ta Vie »… Autant de classiques intemporels qui ont infiltré nos esprits sans que l’on s’en rende compte et ont influencé une majeure partie de la pop française actuelle. D’une classe à faire pâlir Hedi Slimane et d’une modernité hallucinante, Etienne Daho enchaîne tranquillement les morceaux de bravoure devant une foule transie d’amour. De l’émotion à l’état pur.

5. Years & Years

La curiosité m’a poussée samedi soir à faire un détour d’au moins 3 km, après 48h de festival dans les jambes, pour aller voir Years & Years avant d’aller me prosterner devant les Libertines. C’est donc clopin-clopante, et après être littéralement rentrée dans un arbre, que je me suis rendue devant la scène Pression Live pour voir ce que valait en live la nouvelle sensation pop d’outre-manche. Devant un parterre de midinettes conquises d’avance, le charme du croquinet Olly Alexander a mis environ 3 secondes à demi à opérer avec sa coloration platine et ses chorégraphies chaloupées. Puissance du son, lumières raccords,  le set n’est qu’une succession de tubes électro-pop sur lesquels on ne peut s’empêcher de s’égosiller et de danser. « Take Shelter », « Desire », « Workship », « Ties, « Shine »… C’est simple, tout fonctionne. Aucun doute que ces Anglais-là seront bientôt gigantesques.

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6. Run The Jewels

C’est en RAMPANT que nous avons rejoint la scène de l’Industrie dimanche soir pour le tout dernier concert du festival, qui a fait l’effet d’une piqûre d’adrénaline nous réveillant d’entre les morts (avant de s’écrouler à nouveau). Particulièrement reconnaissants envers un public qui les avait préférés aux Chemical Brothers, les deux compères de Run The Jewels ont enchaîné les uppercuts sonores, de « Close Your Eyes » à « Lie, Cheat, Steal », en nous impliquant à 300% dans chacun des morceaux. Hip-hop moderne et ravageur, la musique du duo américain ne peut en aucun cas s’écouter de manière passive et ce set nous a rappelé l’expérience collective que représentaient les concerts.

7. Hot Chip

Il peut paraître injuste de ne retrouver Hot Chip qu’à la 7e place de ce classement (qui fera certainement date dans l’histoire des classements), alors qu’ils n’ont absolument rien à se reprocher. Corps sérieusement amoindri par trois journées de festival et une chaleur délirante, c’est malheureusement dans un état second que j’ai suivi l’enchaînement des « Over and Over », « Ready For The Floor » et autres « Flutes », pourtant parfaitement exécutés par cette bande d’énergumènes mal fagotés. Si les basses étaient toujours aussi prenantes, le groupe aurait quand même bénéficié d’un horaire plus tardif sur une scène plus petite permettant de concentrer l’énergie du public. Hot Chip reste néanmoins l’un des meilleurs groupes live actuels et leur reprise finale de « All My Friends » de LCD Soundsystem a encore élevé d’un cran le niveau de leur électro-pop addictive, si cela était encore possible.

8. Pond

Censés nous faire patienter dimanche jusqu’à l’arrivée de Tame Impala, avec lesquels ils partagent une partie de leurs musiciens, les Australiens de Pond ont fait bien plus que cela. Sous un soleil de plomb, ils nous ont offert sur un plateau brûlant un rock 70s frais et bondissant qui nous a fait oublier l’insolation qui nous guettait. Déjà auteur de six albums aussi survitaminés que ses prestations live, il serait temps que le groupe de Perth explose enfin. Avec le potentiel « star » de son chanteur Nick Allbrook, cela ne saurait tarder.

9. Balthazar

Groupe discret par excellence, Balthazar est le genre de formation dont on oublie à quel point on l’aime avant de la revoir sur scène. Si leurs trois albums sont d’une qualité pop indéniable, c’est en live que l’on prend réellement conscience de la force de leurs compositions et de la minutie de leurs arrangements. D’une classe et d’un charisme fous, les Belges ont réjoui la foule avec un show puissant et implacable, clairement destiné aux grandes audiences. Bref, le groupe parfait pour illuminer un samedi après-midi de festival en beuglant « Raiiiiiise your glass !!! », une bouteille d’eau sans bouchon à la main.

10. DBFC

En plein milieu de la journée de samedi, le groupe franco-anglais a réussi à faire danser une petite foule qui ne les connaissait pas. Et rien que pour ça, DBFC mérite tout notre respect. C’est simple, on n’a pas vu filer les 40 minutes de bombettes électro-pop qui se sont succédées sur la scène de l’Industrie, « Leave My Room » et « Staying Home » en tête. Une belle découverte de festival comme on les aime.

Courbée en deux, sourde et claudiquante, je suis donc rentrée chez moi avec le sentiment du devoir accompli. Riche en soleil, en réelles surprises et en prestations historiques, cette édition de Rock en Seine restera définitivement dans les annales, et avant tout dans mon cœur. Et si quelqu’un a le numéro de Kevin Parker, je suis bien sûr preneuse.

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