cinéma

[Cinéma] « LIFE » D’ANTON CORBIJN

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« Life ». On peut tout lire derrière le titre du nouveau film d’Anton Corbijn. Célèbre magazine américain de photoreportage dans lequel furent publiées les célèbres photos de James Dean objet du film ; destin unique et tragique de l’une des plus grandes légendes d’Hollywood ; authenticité et quotidien se cachant derrière les images superficielles que nous imposent les médias…

La vie, on la trouve surtout dans ce don qu’a le Néerlandais pour saisir des instants d’émotion à l’autre bout de son appareil. Fort de sa carrière de photographe, en particulier pour les rock stars, Corbijn n’a pas son pareil pour filmer le temps qui passe comme de longs points de suspension reprenant leur respiration à la seconde où il capture le geste ou l’expression parfaite de naturel. Le réalisateur nous fait littéralement vivre son expérience de photographe en nous faisant voir le monde avec ses yeux, en nous montrant la vérité qui se cache derrière les images surfaites. En prenant son temps, en avançant au rythme de la vie sans brusquer l’intrigue ni l’évolution des personnages, il nous oblige à regarder d’un peu plus près ce que l’on a sous les yeux pour mieux en saisir la beauté.

Inattendue mais pertinente, la distribution propose une combinaison d’acteurs impeccable. Robert Pattinson, l’artiste en quête de reconnaissance et de légitimité, incarne ici avec une sobriété amusée Dennis Stock, le photographe de « Life » qui pourchasse James Dean, en qui il sait avoir trouvé le sujet qui lancera sa carrière et fera de lui un photographe respectable. Dane DeHaan, la classe folle en bandoulière, attend quant à lui, impuissant et anxieux, l’explosion de sa popularité et de son statut de star, comme l’acteur d’« A l’Est d’Eden » à l’époque. Le voir tomber son masque d’assurance et de doux mépris vis-à-vis de la célébrité, est ainsi l’une des compositions les plus touchantes qui nous aient été données de voir au cinéma récemment. Lors d’un jeu de cache-cache dans New-York, puis d’un retour aux sources dans l’Indiana, les deux hommes sont face à face puis côte à côte dans leur quête de bonheur et de sens, même si chacun y apportera des réponses différentes.

D’une beauté plastique saisissante, et parfois même vénéneuse – qui n’égale certes pas celle de « Control », son biopic sur Ian Curtis – « Life » remet donc en lumière l’homme au-delà de l’icône. Un homme avec un passé, un présent et malheureusement un futur dont il ne semble jamais avoir été maître.

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