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[Musique] THE LIBERTINES, “ANTHEMS FOR DOOMED YOUTH”

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En nous servant un show impeccable et inespéré au dernier festival Rock en Seine, les revenants des Libertines ont laissé place à un espoir fou, celui d’une résurrection amicale et musicale totale. Le soulagement et la joie sont donc immenses en découvrant ce troisième album après tant d’années de silence, puis qu’après avoir pris pendant si longtemps l’amour de son public pour argent comptant, le groupe a de toute évidence eu la courtoisie de produire l’album que l’on attendait eux.

En captant le souvenir qu’ils nous avaient laissé pour en proposer une relecture lucide et assagie par le passage du temps, les rock stars ultimes de la terrible Albion ont su éviter aussi bien le copier­/coller de leurs méfaits passés que le plongeon fatal dans la nostalgie de bas ­étage. En lieu et place de regrets, ils nous offrent plutôt une certaine vision de la mélancolie qui contrebalance avec la frondeur d’antan, sans pour autant perdre de leur impertinence. Tout est déjà dans le titre : Anthems for Doomed Youth, « Hymnes pour une jeunesse condamnée ». Conscients de leur statut d’anti­héros qui resteront gravés dans la mémoire de toute une génération un peu à côté de la plaque, il ne leur reste plus qu’à accepter cette relation d’amour / haine / dépendance qui les unit entre eux et à leurs fans.
Le années ont peut-être filé, les visages sont peut­-être un peu plus bouffis, mais la passion pour la musique est toujours là. C’est elle que l’on entend sur le fougueux « Barbarians » ou sur le vindicatif « Heart of the Matter ». S’ils nous prouvent qu’ils peuvent encore jouer les bourrins sur « Fury of Chonburi » ou les British lads sur « Belly of the Beast », la bande à Pete peut difficilement cacher le fait qu’ils sont devenus incollables en mélodies crève-cœur qui viennent exploser en fin de parcours dans un feu d’artifice de voix, de guitares et d’émotions : il s’agit bien sûr de « Iceman », de loin le plus beau morceau de l’album, que seuls un Peter Doherty et un Carl Barât auraient pu nous écrire.

Comme dans le clip, à la fois touchant et hilarant, de « Gunga Din », où le quatuor succombe encore aux sirènes de la nuit et à ses mésaventures plus ou moins heureuses, Anthems for Doomed Youth se vit comme une virée nocturne pour laquelle on se saurait désormais trop vieux, mais à laquelle on ne parviendrait pas à renoncer. « Tu es le survivant de plus d’une vie », chantonne Pete sur le magnifique « You’re my Waterloo », avant de conclure l’album sur un clairvoyant « Dead For Love ». Morts par amour, mais ressuscités par la musique.

[Sortie le 11 septembre 2015 chez Virgin/EMI]

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