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[Musique] LIVE REPORT : BAGARRE AU BADABOUM

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« Bonsoir, nous sommes Bagarre ». Introduction menaçante de leur génial EP « Musique de club » et slogan officiel du groupe, ce mantra est également le cri de ralliement de la Release Party de Bagarre en cette soirée parisienne du 7 octobre.

Dans l’ambiance brûlante d’un Badaboum sold-out, les cinq combattants de la nouvelle scène électro-pop francophone débarquent peu avant 22h30 dans leurs fameuses tenues de sport sponsorisées, prêts à en découdre avec un public chauffé à blanc. La battle commence avec l’implacable « Gouffre », rouleau-compresseur épileptique nous entraînant dans les tréfonds de la musique tribale, avant d’enchaîner avec le jouissif « Claque-le », hymne féministe ou comptine sadique ? Pas de temps mort entre les rounds, le plaisir est violent et intense devant ces jeunes gens modernes que l’on croirait échappés de la série anglaises « Misfits », sur des délinquants  aux gueules pas possibles et aux aptitudes légèrement surnaturelles. Avec ses cinq membres tous aussi charismatiques les uns que les autres (en atteste leur interchangeabilité derrière le micro), le superpouvoir de Bagarre serait alors de transformer la langue française en matière première pour dancefloors, manipulant les mots comme on joue à Motus et cousant avec minutie des textes malins et poétiques sur des trames électroniques fatales.

Ce don pour les patchworks leur permet ainsi d’être beaucoup plus fun que certains de leurs condisciples de la la langue de Houellebecq (au hasard les très sérieux Feu ! Chatterton), et surtout de dépasser le statut de groupe-concept à l’image trop étudiée pour être honnête. Ce que l’on affronte ce soir est une véritable machine de guerre à danser à laquelle personne ne peut résister. Se donnant (littéralement) corps et âme à son public, Bagarre nous offre un rêve tropical en pleine capitale (« Ris-Pas », démoniaque), un slow géant (« Macadam », délivré depuis la fosse) et une nouvelle raison de vivre (« Mourir au club », qui n’a jamais aussi bien porté son nom). La folie furieuse monte d’un cran des deux côtés de la scène à chaque refrain ravageur et le show donne finalement l’impression d’être donné de concert par le groupe et son public, dans un tourbillon de synthétiseurs et de pas de danse.

Après une heure non-stop d’une musique aussi organique qu’orgasmique, il suffit d’une ultime reprise du « Gouffre » pour que le foule finisse par déclarer forfait. Ce soir, Bagarre a gagné par chaos.

[Live Report à lire sur La Boîte à Musique Indé]

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