cinéma

[Cinéma] “SPECTRE” de SAM MENDES

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Annoncé comme le deuxième grand événement cinématographique de l’année (après Star Wars) et attendu avec une confiance aveugle suite au chef d’œuvre « Skyfall », le nouveau James Bond avait tout pour marquer d’une pierre blanche l’histoire de la saga.

A première vue, le cahier des charges est rempli : un générique envoûtant mené par le titre magnifique de Sam Smith « Writing’s On The Wall » (n’en déplaise aux grincheux), un plan-séquence d’ouverture bluffant de classe, des personnages surgissant entre ombre et lumière. Et puis bien sûr le charisme de Daniel Craig, la sensualité mystérieuse de Léa Seydoux (parfaite), les excursions exotiques, le tout ponctué de références aux précédents opus… Bref, tout est beau comme dans une pub et semble crier : « Nous sommes dans un James Bond ! ». Seul problème : à force de chercher une crédibilité bondienne à tout prix, Sam Mendes semble avoir oublier l’essentiel : une histoire. Un film d’espionnage, c’est avant tout un vrai suspense avec un vrai méchant qui fait peur.  En dehors de plans fixes et symétriques effectivement très beaux, rien de tout ça ici. Il est loin le temps où l’on tremblait devant les dents de Requin : ici l’homme de main disparaît en moins de deux et Christoph Waltz, malgré une entrée fracassante et inquiétante à souhait, trouve le sous-emploi de sa carrière. Sans ennemi valable et sans rebondissement palpitant, « Spectre » déroule juste son récit sans aucune surprise, jusqu’au dénouement terriblement prévisible.

Le film souffre en fait d’une double comparaison. Avec son prédécesseur « Skyfall » tout d’abord, sommet de noirceur tendue et d’intrigue retorse, à côté duquel ce nouveau Bond fait figure de rejeton superficiel et indolore. Avec « Mission : Impossible – Rogue Nation » ensuite, sorti cette année, qui a réinventé tout ce que l’on connaissait des scènes d’action avec un humour décapant et une modernité impressionnante. A côté, les courses-poursuites de « Spectre » semblent déjà avoir été vues mille fois. Cristallisation de ce fourvoiement spectral : l’absence de gadgets. Sacrilège absolu que d’oublier la constante indéboulonnable et le ciment de la saga, surtout lorsque l’on s’est doté d’un Q aussi délicieux que Ben Whishaw. Et qui prouve bien qu’en courant après une perfection formelle, le film en a oublié le cœur qui le faisait vivre. On se contentera donc des beaux yeux de Daniel et des belles robes de Léa (toujours agréables), même si l’on était en droit d’espérer un peu plus que ce costume trois pièces vide, engoncé dans ses auto-références obsolètes. « Spectre » n’est un peu que ça : un fantôme des épisodes passés qui n’arrive
pas à trouver sa propre raison d’être.

Rappelons-nous que James Bond, c’est avant tout l’irrévérence, la malice, le pas de côté. Souhaitons donc au prochain acteur qui l’incarnera (comment ça, j’ai dit Idris Elba?) de retrouver toutes ces vertus pour nous faire de nouveau vibrer et, surtout, rêver.

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