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[Musique] LIVE REPORT WINTER CAMP FESTIVAL : Sean Nicholas Savage, Jaakko Eino Kalevi & Honne à La Maroquinerie

En ce 10 décembre glacial, le Winter Camp Festival avait planté sa tente à la Maroquinerie et s’était donné pour mission de nous réchauffer le cœur après une année mouvementée. Avec sa programmation aussi douce que du coton et chaleureuse qu’un feu de cheminée, on se sentait déjà à la maison.

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Le premier plaisir de la soirée s’appelle Sean Nicholas Savage et c’est clairement le plus beau cadeau de Noël que l’on pouvait nous faire. Ce jeune Canadien, parfait sosie de Steve Buscemi avec 40 ans de moins, est la chose la plus belle, la plus merveilleuse et la plus surprenante qu’il nous ait été donnée de voir sur scène en 2015. Si ses yeux écarquillés et sa mine affectée peuvent au départ déboussoler, le pureté de sa voix et de ses intentions ne peut que nous toucher en plein cœur. Son innocence et son engagement sont à prendre au premier degré, mais n’excluent pas un certain humour tendre et décalé. Timide mais conscient de son étrangeté, Sean Nicholas fait de son concert un moment de partage unique et intime avec son public, de plus en plus fourni et conquis au fur et à mesure de sa performance. Et c’est cette confiance inébranlable en la bienveillance de ses auditeurs qui est incroyablement émouvante et fait que ça fonctionne. Au milieu de ses chansons romantiques 80s tendrement nostalgiques, « She Looks Like You » et « Naturally » en tête, le Canadien n’hésite pas à sortir un petit carnet de notes pour lire un poème composé quelques heures plus tôt, accompagné de quelques notes sublimes semi-improvisées par ses deux compères visiblement aussi perchés que lui, quoique beaucoup moins expressifs. Qui ose faire ça encore aujourd’hui à part lui ? Personne. Le fait qu’un type comme lui existe en 2015 est un réel miracle, et il se serait très dommage de l’ignorer.

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Après un tel coup de maître, il fallait bien un ange, ou peut-être un viking pour faire vibrer plus fort la petite salle de la rue Boyer. Par chance, le Finlandais Jaakko Eino Kalevi est un parfait mélange des deux. Avec sa longue chevelure rousse digne d’Ariel, il a rapidement imposé sa présence mystique avec un sourire franc et une gentillesse évidente. Sa disco-pop futuriste aux allures de Todd Terje – un autre génie du Nord – se déploie dans un crescendo électronique imparable qui voit le public se déhancher de plus en plus. Si l’on savoure les floconneuses « Room » et « Double Talk » en début de set, la très dansante « Deeper Shadows » permet au Scandinave d’inventer un nouveau concept de night club : l’igloo fragile où les danseurs ne doivent pas trop transpirer pour ne pas faire fondre les murs, et où le bonne humeur remplace l’excitation et les mouvements brusques. Encore une fois, tout cela est beaucoup trop cute.

Grâce à une programmation parfaitement pensée, le duo britannique Honne fermait la marche de cette soirée électro-pop inventive tout en progression rythmique, avec leur rock synthétique et groovy. Le chanteur, sorte de Chet Faker rock, n’a pas à forcer sur le charisme : son physique avantageux et ses pépites pop à l’énergie soul font le travail pour lui, à l’instar du tubesque « Loves The Job You Hate ». La recette magique du groupe se résume au titre de l’une de leurs chansons, « Warm on a Cold Night ». Honne, c’est exactement ça : un gros plaid sur les genoux, une guirlande lumineuse dans le salon et une tasse de chocolat chaud en plein hiver, qui réchauffent autant qu’ils revigorent.

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En fin de soirée, le point commun entre ces trois artistes, pourtant très différents, apparaît alors clairement : leur capacité à nous procurer un sentiment de joie profonde et de bien-être durable, au-delà de l’euphorie passagère souvent ressentie lors d’un concert. Une sorte de médecine douce aux effets durables qui nous empêchera de tomber malade au cœur de l’hiver. A l’image d’un festival qui, sans nous brusquer, prendre le temps de nous faire découvrir des musiques de plus en plus belles, qui creuseront leur nid dans notre imaginaire, loin des one-hit-wonders bruyantes et éphémères. Le Winter Camp Festival, c’est un petit bout de l’esprit de Noël.

Photos © Antoine Monégier du Sorbier

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