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[Musique] TOP 10 ROCK EN SEINE 2016

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Point de ralliement annuel des franciliens mélomanes, Rock en Seine offrait peut-être cette année une programmation un peu moins alléchante que d’habitude, mais à l’éclectisme jamais démenti. Rock, hip-hop ou électro, les bonnes surprises se sont enchaînées sous les 35 degrés du Domaine National de Saint-Cloud. La preuve par dix.

 1-    The Last Shadow Puppets

Ils étaient la raison principale de notre venue au festival. Et ils sont désormais la raison pour laquelle nous avons aimé cette édition 2016. Mais peut-on réellement décevoir lorsque l’on possède les meilleures chansons, tous groupes confondus ? La preuve que non. Pour ce dernier round d’honneur, le duo Alex Turner/Miles Kane a tout donné, entre complicité amusée et reprises anthologiques (« Les Cactus », chantés face caméra par Turner). Leur nonchalance peut agacer, mais on peut difficilement contester la beauté d’un « My Mistakes Were Made For You » ou « Every Thing You’ve Come to Expect », au milieu d’un set qui ne s’est pourtant jamais départi de son énergie rock. On attendait la perfection et ils nous l’ont donnée, à leur façon.

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2-    Anderson .Paak

Autre question théorique : le physique d’un chanteur peut-il suffire à aimer sa musique ? On est tenté d’acquiescer à la vue du sublime Anderson.Paak, rappeur qui était chargé d’animer notre vendredi après-midi sur la Scène de la Cascade. Tout de blanc vêtu, pas avare en petits pas de danse chaloupés, l’Américain a presque réussi à nous faire oublier à quel point son mélange de hip-hop et de jazz groggy était excellent. Notre complexe d’infériorité n’a fait que se renforcer lorsqu’il s’est installé derrière la batterie et a continué sans broncher son concert telle une Shiva de la musique moderne. Une interprétation sensuelle de son titre « Glowed Up », issu de sa collaboration avec notre dieu vivant Kaytranada, aura fini de nous achever.

3-    Foals

Préférés à Soulwax in extremis, les Anglais clôturaient en beauté ce weekend intense sur la Grande Scène. Et de l’intensité, il y en a eu dans ce concert saturé de stroboscopes (la nouvelle plaie de la musique live), qui a su nous en mettre plein la vue sans aller dans la surenchère et nous livrer un set d’une incroyable cohérence face à l’évolution musicale du groupe. Car ceux que nous n’avions pas vus sur scène depuis l’époque d’« Antidotes » ont bien changé (Yannis est notamment devenu bodybuilder), mais n’ont pas oublié d’où ils venaient en dédiant leur vieux tube mathrock « Cassius » à tous ceux présents lors des premiers concerts parisiens il y a presque 10 ans (et dont nous faisions partie). Les vrais fans n’oublient jamais.

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4-    Logic

Premier concert du festival et première grosse claque. Peu importe l’heure (16h) et la température (1 milliard de degrés), le rappeur était là pour retourner le public pas farouche de la Scène de la Cascade, quitte à en faire tomber le tee-shirt. Quarante-cinq minutes lancées à fond la caisse, pendant lesquelles on n’a à peine eu le temps de reprendre notre souffle. Et ce ne sont même pas les quelques problèmes techniques dus à la chaleur (les ordis ont grillé) qui auront perturbé l’Américain, très à l’aise pour converser avec les spectateurs. Même sa faute de goût finale (une reprise douteuse de « Memories » de David Guetta) n’aura pas su entamer son capital sympathie acquis à grand coups de bonds et de beats auprès des festivaliers.

5-    Grand Blanc

Autre valeur sûre qui avait peu de risque de nous décevoir, Grand Blanc n’a eu qu’à dérouler ses tubes rocko-français (« L’amour fou », « Samedi la nuit ») avec son intensité habituelle pour nous rallier à leur cause et provoquer des logos géants. Quelle que soit la taille de la salle (un showcase chez Nationale 7, une Maroquinerie blindée, ici une Scène de l’industrie en plein après-midi), le savoir-faire des Français n’a jamais tremblé et leur implication en chaque note, chaque mot, jamais remise en cause. Ce qui ne nous a pas empêchés d’être de nouveau impressionnés par leur puissance toute aussi effrayante que romanesque. La classe à la française.

6-    Little Simz

De Little Simz, nous savions peu de chose, mis à part qu’elle venait de Londres et faisait du rap. L’Anglaise a remis les pendules à l’heure avec un set tonitruant qui a laissé la petite scène Pression Live sur le carreau. Avec une bonne humeur désarmante et un flow en mode accéléré, elle a joué crânement sa chance devant un public qui la connaissait peu et auprès duquel elle était ravie de faire les présentations musclées. Un show autobiographique, ponctué d’un tube monstrueux (« Dead Body ») et d’une intervention surprise de Bibi Bourelly, autre sensation r’n’b du festival. De toute évidence, l’avenir leur appartient.

7-    Editors

Qu’il est beau de retomber amoureux d’un groupe que l’on a tant aimé par le passé. Editors avaient quelque peu disparu de nos radars après deux albums réussis, se rapprochant de plus en plus d’un The National de seconde zone. Le choc n’en a donc été que plus grand lorsque nous avons vu débouler sur la Grande Scène un groupe débordant de charisme, d’assurance et d’humilité, à l’image d’un chanteur qui s’imposait facilement comme le deuxième plus bel homme du festival (cf. Anderson .Paak). Sûrs de leur musique et bien décidés à nous reconquérir, leur set aura été celui des retrouvailles, avec d’anciennes sérénades bien sûr (« Munich »), mais aussi de nouveaux titres que nous avions eu tort d’ignorer. Un concert empli de grâce et d’émotion.

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8-    Kevin Morby

Dans la vie, il s’agit souvent d’être là au bon endroit au bon moment. Un concert de Kevin Morby un dimanche après-midi en plein soleil est l’une des meilleures combinaisons dont l’on puisse rêver. Le chanteur n’avait donc qu’à être là et laisser la magie opérer. Et il a fait un peu plus que cela en nous livrant sur un plateau toutes nos pépites folk préférées (« Harlem River », « Miles, Miles, Miles ») avec la douceur et la réserve qui le caractérisent. Un moment hors du temps qui n’avait besoin d’aucun artifice pour ravir un public bienveillant et déjà sous le charme.

9-    Jack Garratt

Si nous avons bien une certitude après ces trois jours, c’est que Jack Garratt était RAVI d’être là. Extatique, bondissant, hilare, on aura rarement vu un artiste aussi enthousiaste à l’idée de jouer devant quelques centaines de personnes sur la plus petite scène du festival. Devant une telle énergie et un tel sourire, difficile de résister à une performance qui n’en était pas moins impressionnante : seul derrière sa batterie et ses machines, l’Anglais était de toute évidence à 110% de ses capacités pour nous offrir ses morceaux électro-pop d’une toute nouvelle ampleur en live. Une micro-reprise du générique du « Prince de Bel-Air » (toujours avec le sourire) aura définitivement fait fondre le cœur des plus rabat-joie présents ce jour-là.

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10- Casseurs Flowters

On ne les attendait pas, et pourtant ils sont bien là. Comment Orelsan et Gringe ont-ils réussi à se faufiler dans ce classement alors même que nous n’avions jamais écouté une seule de leurs chansons ? D’abord en attisant notre curiosité avec leur long-métrage très réussi « Comment c’est loin ». Ensuite avec une foule monstrueuse qui les attendait de pied ferme samedi sur la Scène de la Cascade et qui nous laissait penser que quelque chose d’important aller se jouer là. Et ce fut le cas. Cinq minutes auront suffi pour que nous soyons contaminés par l’énergie et la dévotion d’un public surinvesti, reprenant l’intégralité des titres à l’unisson. Un grand show généreux, efficace, riche en punchlines et en morceaux de bravoure. Un peu tout ce que l’on attend d’un festival.

BONUS :

–       Pas vu mais c’était forcément génial : Flavien Berger

Sacrifié au profit des Last Shadow Puppets, Flavien Berger n’a jamais déçu au cours des quelques dix concerts auxquels nous avons assisté cette année. Il y a peu de risque que cette fois encore, il n’ait pas provoqué des ondes de bonheur avec un show aussi électrique que poétique.

–       LA déception : The Underachievers

Alors que nous avions couru pour ne pas les louper en ce début de samedi après-midi, notre duo hip-hop américain adoré n’aura pas eu la décence de chanter en live devant un public heureusement très clément (ou naïf, ça dépend). Merci le playback, mais non merci.

Photos © Lise Olsen pour Sound of Britain.

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