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[Musique] CHRIS COHEN : « AS IF APART » + LIVE REPORT AU POINT EPHEMÈRE

Quand on parle de Chris Cohen, difficile de ne pas faire le parallèle avec Mac DeMarco : même label new-yorkais (les imbattables Captured Tracks), même dreampop mélancolique, même timbre de voix vaporeux et faussement désabusé. Mais ce serait passer à côté de toute l’originalité d’un songwriter aussi talentueux qu’attachant qui, tout en restant dans le giron de son camarade canadien, n’en a pas moins tracé sa propre voie depuis son premier album Overgown Path sorti en 2012.

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Inspiré des aléas de la vie aussi bien que des souvenirs d’enfance qui peuplent sa ville de Los Angeles, ce nouvel opus As If Apart est un sommet de mélodies tendres et de textes énervés, parfaite synthèse d’un artiste calme en apparence, mais de son propre aveu plus bouillonnant à l’intérieur. C’est toute la magie du Chris que de nous faire passer ses frustrations en douceur, sur un deuxième album qui pourrait encore être la parfaite bande-son de nos dimanches matins. Comme les Anglais de The Coral à la grande époque, il parvient à nous serrer le cœur tout en nous montrant la lumière (les magnifiques « Drink a Silver Cup » et « The Lender »), à nous faire courir à perdre haleine (le très excitant « As If Apart »), à nous faire sourire (« In A Fable ») comme à nous faire pleurer (le très Damon Albarnien « She Has Gone Away »). Quand il ne nous pond pas carrément la plus belle chanson pop de l’année (indéniablement « Torrey Pine »). En quelques écoutes, As If Apart s’imposait déjà comme une évidence et Chris Cohen comme un nouvel amour.

C’était donc en totale confiance que nous le retrouvions sur la scène du Point éphémère le 22 septembre dernier. Avec sa bouille d’adolescent, son sourire timide et son sweatshirt très « no look » (comprendre : « informe »), l’empathie du public était dans la poche. Sorte de version non-spectaculaire d’un show de Mac DeMarco (encore lui), il ne restait plus que la matière brute : l’émotion, débarrassée de tout artifice, pour un concert soyeux et classieux qui touchait au cœur pas sa simplicité et sa franchise. Chansons douces ne voulant pas forcément dire manque de rythme, Cohen était suffisamment malin pour ménager ses effets, s’autorisant même quelques traits d’humour non prémédités entre les titres, histoire de rallier les derniers (et rares) spectateurs réfractaires à sa cause. Difficile de ne pas fondre devant tant de mignonnerie, surtout quand l’Américain revient pour un rappel seul au piano et nous livre une ballade aussi belle que bouleversante, mais sans tomber dans la tristesse. Car c’est tout le génie de Chris Cohen : ne jamais faire basculer la nostalgie de ses chansons du côté obscur de la folk.

 

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