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[Série] « LUKE CAGE » de CHEO HODARI COKER

C’est l’événement série de la rentrée, celui qui aurait, selon la légende, fait griller les systèmes de Netflix à force de binge-watching massif : Luke Cage suscitait beaucoup d’attentes et fait désormais carton plein. Si ce succès est mérité, on a quand même nos petites réserves après avoir visionné les sept premiers épisodes. Bilan à mi-parcours sur les points forts et points faibles de la série.

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Ses points forts :

  • Mike Colter

On l’avait adoré en Lemon Bishop dans The Good Wife et découvert en Luke Cage dans Jessica Jones, Mike Colter porte à lui seul la série sur ses larges épaules. Avec sa gueule, sa carrure, son charisme et son petit hoodie sur la tête, il est de presque tous les plans et envahit l’écran dans tous les sens du terme. Très touchant dans l’émotion retenue, on doit dire qu’il nous impressionne surtout par sa technique de combat qui consiste à marcher tranquillement jusqu’à son assaillant en encaissant toutes les balles. Un rôle de superhéros pour un acteur bigger than life : une évidence.

  • Sa dimension politique

Luke Cage est bien sûr connue pour être la première série avec un superhéros noir, ce qui est déjà un signe de changement (enfin !) de la société et laisse espérer que la recrudescence de créations télévisées aux mains de showrunners et d’acteurs afro-américains (Atlanta, Insecure, etc…) n’est pas un simple produit d’une Blaxploitation passagère. Mais Luke Cage parle aussi d’un défenseur de sa communauté – comprendre son quartier de Harlem dans toute sa diversité – contre la corruption. Luke Cage, Président !

  • Sa réalisation soignée

Luke Cage, c’est la classe. Les séries lorgnent certes depuis longtemps vers les critères visuels du cinéma, mais celle-ci se démarque par une esthétique sombre et sensuelle et une façon de faire monter la pression à coups de scènes faussement calmes avant la tempête et de bagarres à la fois stylisées et musicales, souvent prétextes à des cliffhangers haletants en fin d’épisode. Une nouvelle façon de filmer l’action à la télévision et l’affirmation très claire que Luke Cage s’adresse au monde des adultes.

  • Sa BO

Luke Cage se passe à Harlem et le grand méchant est propriétaire d’un club. Il n’en fallait pas plus pour justifier une bande-son absolument parfaite, du hip-hop bien épais à la soul sexy, en passant par un blues en phase avec l’aspect vintage de la série. On a même droit à du gospel dans l’épisode 5 ! Et le niveau monte encore d’un cran lors des nombreuses scènes de musique live dans le club, qui servent souvent à illustrer les scènes les plus obscures ou décisives. On aime. On aime beaucoup.

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Ses points faibles :

  • Son manque de mythologie

Luke Cage est un superhéros Marvel que l’on avait déjà croisé chez Jessica Jones. Mais à part ça, nous savons peu de choses sur son univers, des vilains qui l’entourent, de ses alliés… La série se concentre pour l’instant sur la corruption qui ronge la ville et les quelques flics qui essaient de l’enrayer. Mais un vrai superhéros a besoin d’une mythologie qui l’entoure pour vraiment exister en tant que légende. On attend donc que Luke Cage décolle un peu de sa réalité et de son côté « procedural » pour nous faire vraiment rêver.

  • Ses personnages secondaires

On ne va pas se mentir : on s’intéresse à Luke Cage surtout quand Luke Cage est à l’écran. Le reste du temps, on se désintéresse assez vite de personnages secondaires certes parfaitement interprétés, mais avec lesquels on manque un peu d’empathie. La faute peut-être à un trop grand décalage avec le charisme monstrueux du héros… Quoi qu’il en soit, la série gagnera à épaissir par la suite ces rôles en leur offrant autant de niveau de complexité qu’à son personnage principal.

  • Sa lenteur

C’est sa marque de fabrique : une série de superhéros qui avance aussi lentement que son protagoniste et qui préfère prendre le temps d’installer son histoire plutôt que de se bagarrer sans raison toutes les cinq minutes. Résultat : ça parle beaucoup mais ça bastonne peu dans Luke Cage. Au point que l’on finit parfois par se demander s’il va un jour se passer quelque chose. Heureusement, ça décolle un peu à partir du troisième épisode, mais la série ne devra pas tomber dans le piège de la lenteur comme preuve de sérieux.

  • Non, sérieusement, sa lenteur.

Il faut qu’ils accélèrent, là. On est chez Marvel, oui ou non ?

Mais rien que pour Mike Colter, on continuera à regarder quoi qu’il arrive 😉

 

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