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[Série] « BETTER THINGS » de PAMELA ADLON

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Une série produite par Louis C.K. peut-elle être foncièrement mauvaise ? Le roi du stand-up américain, qui sévit déjà depuis plusieurs années dans sa brillante comédie Louie, nous a depuis toujours habitués à une écriture haut-de-gamme et un humour acide ravageur, osant dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. C’est donc avec bienveillance et impatience que nous avons accueilli l’arrivée pourtant discrète de sa nouvelle production Better Things, écrite et interprétée par son acolyte de longue date Pamela Adlon.

Elle qui a joué dans presque toutes les productions de l’humoriste évolue ici en terrain connu avec cette autofiction sur sa condition de mère célibataire de 50 ans et actrice à Hollywood, mais enfonce le clou du féminisme et rejoint naturellement cette nouvelle vague de séries comiques où, de Broad City à Mom en passant par 2 Broke Girls, il est désormais admis de voir à l’écran des femmes poursuivre un autre objectif que celui de trouver le prince charmant. Des femmes normales, en somme, par ailleurs reconnaissables au fait qu’elles portent un jean, un tee-shirt et des baskets, et non plus une robe de soirée et des talons de 12 cm, pour aller travailler. Avec ses trois adolescentes à charge et sa carrière légèrement sur le déclin, Sam a simplement décidé de ne plus s’excuser de ne pas donner le meilleur d’elle-même, ce qui donne lieu à des scènes hilarantes de grande honnêteté parentale sans aucun tabou, lorsque l’actrice ne peut tout simplement plus supporter sa famille – la touche Louis C.K.

Better Things pourrait ainsi facilement jouer à fond la carte du cynisme – et elle la maîtrise parfaitement –, mais elle sait nous surprendre en évoluant vers plus de tendresse et d’optimisme que son modèle Louie. Car derrière ses répliques bien senties sur tout ce que la situation personnelle et professionnelle de l’héroïne peut avoir d’ingrat et de cruel, Pamela Adlon sait mieux que personne mettre en scène cette incompréhension intergénérationnelle (Sam avec sa fille ainée et avec sa propre mère) qui finit inévitablement dans de durs compromis, mais aussi de douces réconciliations. Si l’humour subversif est l’élément accrocheur de la série, celle-ci nous cueille ainsi vraiment lors de ces petits instants complices entre une mère et sa fille, entre deux collègues de longue date ou entre deux futurs amants qui ne le seront jamais.

Alors certes, on rit beaucoup devant Better Things, mais c’est pour ces moments-là, pleins de tendresse et de mélancolie, que l’on reviendra à chaque épisode. Cela tombe bien, car la série a d’ores et déjà été renouvelée pour une deuxième saison par la chaîne FX, en même temps que sa voisine de programme, la merveilleuse Atlanta de Donald Glover. La preuve que, parmi l’invasion de superhéros à la télévision, les producteurs savent encore privilégier le cœur.

 

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