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[Livres] STUFF I’VE BEEN READING – SEPTEMBRE 2016

Livres achetés :

  • Les Trois Mousquetaires, d’Alexandre Dumas
  • Juste la fin du monde, de Jean-Luc Lagarce
  • Le club Jane Austen, de Karen Joy Fowler
  • Trois Frères, de Peter Ackroyd

Livres lus :

  • Alors vous ne serez plus jamais triste, de Baptiste Beaulieu
  • Purity, de Jonathan Franzen

Le rythme soutenu de la rentrée s’accorde souvent mal avec la lecture, pour laquelle j’ai non seulement besoin de temps mais surtout d’un esprit libre de tout encombrement superficiel dû par exemple au travail. En ça, mon mois de septembre n’a pas vraiment été propice au vagabondage littéraire… Mais c’est justement dans ces moments où le monde semble s’acharner contre vous qu’il faut s’accrocher aux livres comme d’une échappatoire fidèle et, en plus de ça, facile d’accès : il suffit de tourner une page ! Comme le dit si bien l’un de mes albums de jeunesse préféré, C’est un livre de Lane Smith, pas besoin de le brancher ni de le recharger : c’est un livre ! Et il est toujours là pour vous.

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Surtout quand il s’agit d’un roman aussi tendre et humaniste que celui de Baptiste Beaulieu, Alors vous ne serez plus jamais triste. Le jeune médecin officie déjà depuis plusieurs années sur son formidable blog Alors Voilà, les 1001 vies des Urgences, où il relate ses mésaventures tantôt drôles, tantôt tristes, tantôt révoltantes avec ses patients. Avec ce deuxième roman, il nous raconte une histoire simple mais bouleversante : la rencontre improbable entre un homme veuf qui a décidé de se suicider et une vieille femme extravagante qui lui demande de lui laisser une semaine pour le faire changer d’avis. Un long chemin bordé d’humour noir et d’amour rose qui ne laissera ni les protagonistes ni le lecteur indifférents. Baptiste Beaulieu nous propose une version +++ des fictions bien-être qui envahissent actuellement les rayons des librairies, avec ce petit truc en plus, que les autres rêveraient d’avoir mais n’ont que rarement : la poésie. Car si le livre nous aide à aller mieux et à voir la vie sous un jour nouveau, c’est bien grâce à sa vision poétique du monde. Inutile alors de préciser que tous les textes de Baptiste Beaulieu devraient être rembourses par la Sécurité Sociale tant ils nous font du bien ! Et n’oubliez pas d’aller jeter un œil à son blog http://www.alorsvoila.com (dont était inspiré son premier roman Alors Voilà, les 1001 Vies des Urgences, également sorti en poche et tout aussi formidable) et à aller rencontrer l’auteur lors de ses dédicaces en librairie pour la sortie de son nouvel ouvrage La Ballade de l’enfant gris : il donne même des free hugs !

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Ce mois difficile était donc synonyme de valeurs refuges dans mes lectures. Je me suis donc tournée vers Jonathan Franzen qui avait changé ma vie avec Freedom et qui a sorti son nouveau coup de maître Purity il y a de ça quelques mois. S’il faut bien reconnaître une qualité à Franzen, c’est son savoir-faire en matière de storytelling : Purity est un rouleau-compresseur romanesque. Une telle maîtrise dans la langue, dans l’entremêlement des lignes scénaristiques et chronologiques, une telle plongée dans les psychés perverses, une telle réflexion sur notre société contemporaine et son obsession pour l’image, la vérité, les écrans… Tout est là pour faire de Purity une véritable machine de guerre littéraire à laquelle il est impossible de résister. Et pourtant, Andreas, Pip, Tom et Leila ne m’ont pas autant émue que Walter et Patty. La faute à cette trop grande démonstration de savoir-faire justement. Rien n’est laissé au hasard, on nous explique jusqu’au moindre détail le pourquoi du comment de chaque pensée, de chaque acte des personnages, laissant peu de place à l’imagination, à la naissance d’une connexion intime avec les héros. A quoi bon autant de maîtrise si ce n’est pas pour ressentir de l’empathie pour les personnages ?

En fait, le roman me fait penser à une nouvelle série américaine que je regarde, This Is Us. Une œuvre chorale elle aussi, qui s’amuse également des liens temporels et familiaux qui unissent les protagonistes, mais qui ne s’encombre pas de velléités cinématographiques ou de grands moments de bravoure : seule l’émotion compte. Et sans prétention, elle arrive à nous faire nous sentir proches de ses personnages. C’est donc pour moi tout l’inverse de Purity. Après, pas de malentendu : Purity se lit d’une traite (ou du moins autant de traites que le permettent ses 800 pages), sans reprendre son souffle, et impressionne de bout en bout. Mais pas sûr que dans quelques années, on se souvienne des gens qui vivaient dedans. Alors que je sais que Walter et Patty sont toujours là quelque part dans un coin des Etats-Unis et resteront à jamais dans mon cœur. Entre humanité et habileté, j’ai fait mon choix.

 

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