cinéma

[Cinéma] « LA DANSEUSE » de Stéphanie Di Giusto

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Film retraçant le destin de Loïe Fuller, pionnière de la danse moderne avec ses grands voiles qu’elle faisait tournoyer devant des projecteurs électriques à la toute fin du XIXe siècle – idée reprise ensuite avec un immense succès par la célèbre Isadora Duncan –  La Danseuse est une œuvre aussi libre et attachante que la femme dont elle dresse le portrait.

Comme elle, le film est d’une beauté folle lorsqu’il s’agit de reproduire ses incroyables spectacles de danse sur les Quatre Saisons de Vivaldi, scènes d’autant plus impressionnantes qu’elles arrivent à retranscrire simultanément la splendeur visuelle de la chorégraphie gestuelle et lumineuse et la douleur physique de leur danseuse au moment où elle l’interprète. Comme elle, le film aime ses personnages, que ce soit la bienveillante Gabrielle (merveilleuse Mélanie Thierry), soutien indéfectible et serein de Loïe rencontrée aux Folies Bergères, Louis (magnifique Gaspard Ulliel), l’amant déçu, que son amour pour l’héroïne conduira sur les voies de l’autodestruction, ou Isadora Duncan (troublante Lily-Rose Depp), la « vraie » danseuse dont les pouvoirs de manipulation finiront par perdre Loïe…. Tous sont filmés avec la même douceur, la même envie que le regard que leur porte la femme qui les unit, créant ainsi un sentiment immédiat d’empathie chez le spectateur. Enfin, comme elle, le film est parfois maladroit : une introduction dans les campagnes américaines dispensable, une relation malsaine entre Loïe et Isadora présentée comme déterminante mais finalement assez peu développée… Des détails certes, mais qui, en restant cantonnés à leur statut d’anecdotes, viennent parfois affaiblir la puissance émotionnelle du parcours de son héroïne.

Mais comme pour Loïe Fuller, ces rares défauts ne viennent en aucun cas entacher toutes les qualités humaines de La Danseuse, incarnée par l’incroyable Soko : hypnotique et bouleversante de bout en bout, l’actrice, qui passe ici par tous les états physiques et mentaux possibles, livre une performance d’une sincérité et d’une abnégation déconcertantes. Jamais dans le surjeu, jamais dans la complaisance, elle se donne littéralement corps et âme à sa réalisatrice et irradie de sa beauté brute ce premier long-métrage façonné à son image : déterminé, dévoué et définitivement romantique.

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