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[Musique] TOP 10 PITCHFORK FESTIVAL 2016

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Entre l’Avant-Garde dans les salles du quartier de Bastille et l’événement principal à la Grande Halle de la Villette, on a vu beaucoup, beaucoup de concerts en cette dernière semaine d’octobre pour le Pitchfork Music Festival Paris. Et heureusement, parmi eux, beaucoup de concerts excellents. Voici les dix prestations qui nous ont marqués.

1- LOYLE CARNER

Avant-Garde, Café de la Danse, mardi 25 octobre

20161025_210400.jpgSi le rappeur anglais Loyle Carner est premier de ce top, ce n’est pas parce que je l’avais interviewé juste avant le concert et qu’il s’est révélé être la personne la plus délicieuse qu’il m’ait été donné de rencontrer sur cette Terre. Ce n’est pas non plus parce que son hip-hop jazzy nous hante par sa mélancolie depuis un an. Ce n’est pas pour son grand sourire sincère et ses adorables pas chaloupés. Ce n’est pas pour avoir dédié chacun de ses titres à un membre de sa famille et remercié personnellement chacun des spectateurs déjà croisés lors de précédents concerts. Enfin, ce n’est pas parce qu’il arbore en permanence un maillot d’Eric Cantona. Non, si Loyle Carner est premier de ce top, c’est tout simplement parce qu’il a donné le meilleur concert du festival. Un point c’est tout.

2- WHITNEY

Grande Halle de la Villette, samedi 29 octobre

Le groupe indie-pop originaire de Chicago prend tout naturellement la deuxième place de ce classement avec le concert le plus cool, le plus mignon, le plus drôle, le plus friendly, le plus musical et le plus beau de ces trois soirées passées à la Villette. Un grand moment de cuteness, à l’image de ses musiciens, ponctué de quelques blagues improvisées – et toujours adorables –, d’un échange avec leur pote rappeur Joey Purp, venu les écouter après son set très réussi en début de journée, ou encore un baiser échangé à même le sol entre le chanteur-batteur et un de ses collègues. Et accessoirement, ils avaient les meilleures chansons de tout le festival.

3- MODERAT

Grande Halle de la Villette, vendredi 28 octobre

En conclusion d’un vendredi riche en émotions électroniques (Flavien Berger, Todd Terje : voir plus bas), Moderat a offert au Pitchfork le grand show intense, classieux et dansant qu’il méritait. D’une beauté visuelle et sonore renversante, le supergroupe, composé de Modeselektor et Apparat, a donné à toutes les autres formations présentes  ce jour une leçon de dancefloor dark, avec un spectacle tout en nuances et en montées de pression, sans jamais oublier l’émotion. C’est ainsi que le tube « A New Error » nous a autant fait danser que retomber dans les rêveries de « Laurence Anyways » de Xavier Dolan, dont il était la bande originale. Rarement un concert nous aura procuré autant de sensations aussi diverses.

4- ABRA

Grande Halle de la Villette, samedi 29 octobre

ABRA possède une chose rare que la plupart des gens n’ont pas : du charisme. Seule sur scène, et juste avant le passage très attendu de M.I.A., la jeune chanteuse n’a eu besoin que de sa voix et de son corps pour nous attirer dans ses filets, telle une sirène ondulante à la chevelure magique, et pour nous forcer le respect devant un r’n’b sombre, envoûtant et sexy, délivré dans son plus simple appareil. Avec son petit sourire en coin de celle qui sait où elle va et l’effet qu’elle fait, ABRA est devenue notre nouvelle obsession.

5- ACID ARAB

Grande Halle de la Villette, samedi 29 octobre

Fidèles à eux-mêmes, les Français nous ont terrassés dans la nuit de samedi avec leur techno arabisante, à la fois d’une efficacité redoutable et un beau symbole d’ouverture sur le monde par la musique, nous rappelant par là-même la grande prestation du Syrien Omar Souleyman en 2013, au même endroit. La puissance du son et l’énergie du public étaient là : malgré la fatigue et la douleur dans les pattes après une petite semaine de concerts, la magie de l’Orient ne pouvait néanmoins qu’opérer.

6- FLAVIEN BERGER

Grande Halle de la Villette, vendredi 28 octobre

A-t-on vraiment encore besoin d’expliquer pourquoi Flavien Berger était l’un des meilleurs concerts du festival ? Pour les inconscients qui ne le sauraient pas encore, le Français apporte à chacun de ses concerts de nouveaux arrangements et de nouvelles paroles à ses créations électroniques, offrant ainsi au spectateur fidèle une expérience toujours renouvelée. Pour cet énième concert de Flavien, on a donc encore été surpris par des variations inconnues révélant toute la puissance de ses titres et amusés par ses remarques absurdes parfaitement adaptées au festival (« Vous êtes venus ici pour écouter de la musique et je vais donc m’y atteler »). Encore une fois, un régal pour les oreilles et pour l’esprit.

7- TODD TERJE AND THE OLSENS

Grande Halle de la Villette, vendredi 28 octobre

En 2012, on découvrait le DJ Todd Terje en tombant amoureux d’un morceau et de son clip délirant dans la campagne norvégienne : cela s’appelait « Inspector Norse » et depuis ce moment-là, on n’avait jamais cessé de danser dessus. Entre temps, Todd Terje s’est trouvé des musiciens et a commencé à jouer son formidable premier album en live et non plus derrière des manettes. Avec pour résultat, en ce vendredi soir, un set sautillant à souhait, sous forte influence tropicale et qui n’a fait que renforcer le potentiel de joie de ses compositions disco-house devant un public conquis d’avance. Irrésistible.

8- BEATY HEART

Avant-Garde, Pop-Up du Label, mercredi 26 octobre

Découvert au hasard de la programmation de l’Avant-Garde du festival, le trio londonien avait tout pour nous plaire. Tout bonnet et crinière folle dehors, les Anglais nous ont immédiatement convaincus avec un électro-rock tribal aussi groovy que tranchant, tels des Jagwar Ma qui auraient oublié de prendre du LSD. Avec un charisme aussi évident et des titres aussi monstrueux que « Flora » et « Raw Gold », on a du mal à comprendre comment ces garnements-là ne remplissent pas déjà des Zénith. En attendant, c’est au Pop-Up du label qu’on a bouncé mercredi soir au rythme de ces petites merveilles.

9- WARPAINT

Grande Halle de la Villette, samedi 29 octobre

Au milieu d’une journée du samedi très « girl power », ce n’était pas forcément les meufs de Warpaint que l’on attendait le plus, trop impatients que nous étions de voir les excentriques ABRA et M.I.A. Et pourtant, elles nous ont rappelé qu’il n’y avait pas besoin de faire grand bruit ou de se déhancher trop violemment pour avoir la classe. Vers 21h30, elles nous ont simplement imposé avec douceur et évidence leurs titres rock groovy et terriblement entêtants. On constate en général qu’un concert était réussi lorsqu’il donne envie de réécouter les chansons chez soi après. C’est simple :  depuis le set de Warpaint, « New Song » et « Whiteout » tournent en boucle dans nos oreilles. Mission accomplie.

10- M.I.A

Grande Halle de la Villette, samedi 29 octobre

Malgré un set raccourci de vingt minutes pour cause de maladie, la reine M.I.A était bel et bien la star que tout le monde était venu voir et, rien que pour ça, elle méritait bien d’être dans ce Top 10. Malgré la foule monstrueuse et la chaleur étouffante qui en découlait, on a pu profiter de son énorme show festif et engagé avec un plaisir évident et beugler sur les méga-tubes « Paper Planes » et « Bad Girls » comme si notre vie en dépendait. Peut-être pas la meilleure expérience musicale au vu des conditions extrêmes, mais certainement l’événement immanquable et immanqué de ce festival.

EN BONUS

– La question que tout le monde se pose : mais alors, il n’y avait rien de bien le jeudi ?

Il y a eu des choses tout à fait sympathiques, comme les rockeurs joyeux de Parquet Courts ou plus sérieux de Suuns. Mais il est vrai que DJ Shadow et Mount Kimbie, malgré leur savoir-faire, ont eu quelques difficultés à faire décoller un public pour le moins statique. Quant à Nick Murphy aka Chet Faker, il aura certes su user de son charme tout en bun et en barbe, mais on sera restés plus circonspects devant son virage musical à 180° vers une pop plus proche de Bruno Mars que de Chet Baker.

– On n’a pas vu, mais c’était forcément super : Porches.

L’Américain jouait un chouilla trop tôt pour nous vendredi, mais on ne doute pas que sa synth-pop eighties et sa douceur innée auront su toucher un large public, comme il l’avait déjà fait il y a quelques mois lors de son concert au Point éphémère.

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