livres

[Livres] STUFF I’VE BEEN READING – NOVEMBRE 2016

Livres achetés :

Bridget Jones Baby, de Helen Fielding

La musique et l’ineffable, de Vladimir Jankélévitch

Livres lus :

Is That A Fish In Your Ear ?, by David Bellos

Berezina, de Sylvain Tesson

419284119_1280x720

Si l’on doutait encore que les livres nous permettaient de voyager dans le temps et l’espace, mes lectures de ce mois-ci ont encore un peu plus repoussé les frontières géographiques et temporelles de mon imagination. Tous d’abord, avec l’essai du biographe et traducteur anglais David Bellos, Is That A Fish In You Ear ?, dont le sous-titre nous promet « une incroyable aventure dans l’histoire de la traduction ». Ne vous moquez pas : derrière cette affirmation visiblement destinée à exciter les linguistes en herbe se cache surtout une mine d’informations et d’anecdotes effectivement assez incroyables sur l’évolution du langage à travers les époques et les cultures. Un savoir encyclopédique délivré avec un humour tout british et une volonté de confronter ces problématiques avec la construction de notre société actuelle. Du sous-titrage de films suédois au travail des interprètes lors du procès de Nuremberg, Bellos révèle à quel point nos méthodes de communication et de traduction ont façonné notre vision du monde et surtout comment les cultures se sont mutuellement enrichies de leurs interactions linguistiques. Si Is That A Fish In Your Ear ? ne semble au départ n’être qu’un traité sur le langage, il pourrait donc aussi bien se targuer d’être un plaidoyer pacifique pour l’ouverture vers les autres. Le genre de lecture qui ne ferait de mal à personne en ce moment…

ob_0073b5_tesson-1-2

Drôle d’aventure que celle dans laquelle s’est embarqué Sylvain Tesson en 2012. L’explorateur français s’est en effet lancé, avec quelques camarades aussi fous téméraires que lui, dans ce qui pourrait apparaître comme une reconstitution de la Retraite de Russie dont on fêtait alors le bicentenaire. Le petit équipage est alors parti en side-car de Moscou pour rejoindre Paris dans des conditions presque similaires à celles des soldats de Napoléon deux cents ans avant lui. Le texte suit alors en parallèle le trajet des deux escadrons, l’un étant bien sûr moins funeste que l’autre. Si l’histoire ne m’a jamais vraiment passionnée, la période napoléonienne encore moins, Berezina a réussi l’exploit de m’embarquer avec ses pauvres galériens. Il faut dire que la plume de Sylvain Tesson serait capable de rendre le quotidien d’une plante intéressant. Le Français est l’un des rares écrivains dont j’ai envie de poser le livre après chaque phrase pour prendre le temps de savourer les mots que je viens de lire. D’une beauté à couper le souffle, d’un humour aussi violemment corrosif que terriblement honnête, Tesson n’a pas peur d’être ce qu’il est, de dire ce qu’il pense, et toujours de la plus belle des manières. Lire ses livres est plus qu’un plaisir, c’est un cadeau. Un privilège, même : celui de pouvoir vivre d’autres vies que la nôtre à travers des mots qui n’ont jamais mieux rempli leur rôle de Tardis*.

* Si vous ne savez pas ce qu’est un Tardis, regardez Doctor Who.

 

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s