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[Livres] STUFF I’VE BEEN READING – DECEMBRE 2016

Livres reçus à Noël :

Le Dictionnaire Amoureux des Ecrivains et de la Littérature, de Pierre Assouline

Berezina (Version illustrée), de Sylvain Tesson

La Valise des Animaux Fantastiques, de Mark Salisbury

Fleurs de Bach, de Martine Azoulai

Livres lus :

Bridget Jones Baby, de Helen Fielding

To The Lighthouse, by Virginia Woolf

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Habituellement synonyme de retour à l’essentiel et par extension de cohérence, la période de Noël m’a pourtant vue cette année prendre des chemins très éclectiques dans mes lectures. En effet, difficile au premier abord de voir ce qui peut unir Bridget Jones et Virginia Woolf. D’un côté, un comfort-book (Bridget Jones Baby, de Helen Fielding) destiné à combler les spectateurs frustrés de la dernière adaptation ciné des aventures de la Londonienne en lui redonnant un coup de fouet littéraire et en ramenant Daniel Clever à la vie. De l’autre côté, la grande figure de la révolution moderniste (To The Lighthouse, de Virginia Woolf), aux textes lyriques quoique cryptiques, nous raconte comment une famille ne parvient jamais à aller à ce fichu phare. Pourtant, des deux côtés, on retrouve des femmes fortes qui ont su prendre leur place dans la littérature anglaise indépendamment du regard des hommes. Car, si Bridget Jones s’est souvent définie par sa relation avec le toujours parfait Marc Darcy, c’est finalement bien autour d’elle que le monde tournait et que les esprits s’amourachaient, tout comme Lady Ramsay, cette mère de famille adorée de ses proches, mais toujours impénétrable, dont seul l’art finira par capturer le souvenir.

Face à ces deux légendes aussi fortes mais également diamétralement opposées, qu’est-ce qui procure le plus de plaisir aujourd’hui ? Certes, le style du nouveau Helen Fielding n’est pas du niveau des précédents épisodes de la vie de Bridget, le livre répondant vraisemblablement à des impératifs économiques en soutien à la sortie du film, mais il ne faut pas nier que le plaisir est toujours là. Et que savoir que l’on va retrouver Bridget le soir en rentrant chez soi fait toujours passer une meilleure journée que lorsqu’on est en train de lire… eh bien n’importe quel autre livre. A l’inverse, soyons honnêtes et reconnaissons que le plaisir de lire To The Lighthouse (La balade au phare en VF) ne procure pas un tel plaisir immédiat. Pour la simple et bonne raison que l’on ne comprend la plupart du temps pas ce que l’on est en train de lire. En bonne auteure moderniste, Woolf joue sur ce « stream of consciousness », cette omniscience qui nous fait passer de l’esprit d’un personnage à l’autre sans nous prévenir. Au point de ne plus savoir qui pense/parle. Le plaisir de lire Virginia Woolf survient surtout lorsque l’on s’intéresse aux exégèses de ses textes : pour To The Lighthouse, les études de Stevie Davies et Chantal Delourme, que l’on trouve facilement en bibliothèque, sont ainsi particulièrement éclairantes et nous permettent de nous rendre compte de la vraie révolution littéraire que constituait cette œuvre à l’époque. Alors Bridget Jones et Virginia Woolf, même combat ? En tout cas, deux figures féminines et féministes qui n’ont pas fini de nous faire rêver.

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