cinéma

[Cinéma] L’anti-critique : « ROGUE ONE » de GARETH EDWARDS

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[Attention Spoilers]

Attendre a parfois du bon. Alors que toute la France était déjà allée voir le nouveau Star Wars, c’est un vendredi soir de janvier que je me suis finalement vue encouragée d’un « Que la Force soit avec vous ! » en rentrant dans la salle de cinéma pour aller voir « Rogue One » (si vous n’êtes jamais allés au MK2 Gambetta, vous loupez malheureusement la meilleure expérience de votre vie de cinéphile en la personne de l’agent d’accueil le plus enthousiaste du monde, sosie non-officiel de Robert Hue qui m’avait déjà annoncé un « embarquement immédiat en salle 3 » lorsque j’étais allée voir Star Trek). Et la Force a effectivement été avec nous.

Alors pourquoi avoir attendu aussi longtemps ? La lassitude de la foule en partie, mais surtout quelques éléments dissuasifs disséminés ici et là par les médias. Premièrement, on clamait partout que « Rogue One » était avant tout « un film de guerre ». Ai-je envie de voir un film de guerre ? La réponse est non. En ces temps sécuritairement tendus, tout ce que j’ai envie de voir, c’est Ryan Gosling et Emma Stone tomber amoureux en chansons (mais ça, ça arrive bientôt de toute façon). Deuxièmement, j’étais tombée sur un article intitulé « Pourquoi est-ce important qu’il n’y ait aucune histoire d’amour dans Rogue One ? » QUOI ? Est-ce qu’on est punis ? Un film de guerre sans histoire d’amour ? En aucun cas un film pour Julia (rassurez-vous, l’article ne va pas virer à la 3e personne). Ce qui m’a finalement décidé à y aller est très honnêtement la facilité, puisque le film passait à côté de chez moi alors que « Paterson » était à 5 stations de métro de distance. Et c’est le genre de petit signe du destin qu’il ne faut jamais ignorer.

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Car j’ai ADORE « Rogue One ». Le genre d’enthousiasme qui vous fait décoller de votre siège et vous fait googler tous les noms des acteurs pas la suite. D’une puissance visuelle et émotionnelle peu commune, ce Star Wars est d’une originalité inattendue pour un film d’une franchise aussi établie et explose tranquillement (et littéralement) tous les lieux communs des blockbusters américains. Tout d’abord, il est quand même extrêmement rafraichissant que le monde ne soit pas de nouveau sauvé par un homme blanc – ou disons même carrément par Chris Pratt. Enfin, nous avons là un casting – vraiment – international, mené par une femme et un hispanique, ce qui est à lui seul la chose la plus enthousiasmante et la plus rassurance que nous ait livré la culture mainstream en 2016. Au-delà de leur origine, chacun des personnages est magnifiquement écrit et incarné, ne servant jamais de faire valoir et n’existant jamais que par leur simple stéréotype. A la tête de cette petite équipe, Felicity Jones, naturelle, complexe, touchante, évite tous les écueils de l’héroïne « badass mais sexy » (qui est sexy en faisant la guerre ?) que le cinéma américain semble vouloir nous imposer. Bref, elle ne devient jamais Jennifer Lawrence, et ça, ça fait plaisir. Face à elle, Diego Luna, dont la sexitude qui n’est plus à démontrer, livre probablement la prestation la plus intense de l’année, et encore une fois, sans jamais surjouer les « gros durs ». Et si l’on ne nous sert effectivement pas la bluette réductrice habituelle, sa relation avec Jyn est probablement l’une des plus belles histoires d’amour que l’on aura vu au cinéma cette année. Car, s’ils ne sont pas du genre à s’embrasser fougueusement face à l’imminence du danger (qui fait ça, sérieusement ?),  leur relation grandit à base de confiance, de respect et de partage de valeurs. Des broutilles que l’on n’a pas vraiment l’habitude de voir dans un film d’action (ou même dans un film tout court).

Alors « Rogue One », film de guerre ? Plutôt un film sur le sens du devoir, de la justice et du sacrifice. L’une des scènes les plus impressionnantes n’est d’ailleurs pas celle d’un combat, mais celle où Chirrut Îmwe, le wannabe Jedi aveugle, traverse un champ de bataille en se répétant « The Force is with me. I’m one with the Force », convaincu de pouvoir passer à travers les balles, sans combattre (et sans rien voir, donc). Au-delà des sabres-laser, des Etoiles Noires et des courses poursuites en vaisseau spacial, ce qui donne la force aux personnages, c’est bel et bien cette conviction intime, puissante, de pouvoir remplir la mission qu’ils se sont eux-mêmes assignée, et ce quel qu’en soit le prix. Rarement la Force aura eu autant de sens que dans « Rogue One ».

 

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