cinéma

[Cinéma] L’anti-critique : “LA LA LAND” de DAMIEN CHAZELLE

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[SANS spoilers]

Qu’il est compliqué aujourd’hui d’être un fan de la première heure de Ryan Gosling. Lui qui découvrait en 2004 dans le magazine Première ce « Tiger Wood de la comédie » et s’évertuait encore cinq ans plus tard à traîner ses amis voir Half Nelson, a dû, depuis l’onde de choc Drive et l’avènement de Gosling en sex-symbol, affronter aussi bien les midinettes énamourées autoproclamées « fan n°1 » du Canadien, que les cinéphiles sceptiques raillant un amour devenu aussi facile que banal. Car est-ce que cela signifie encore quelque chose aujourd’hui de dire que l’on est fan de Ryan Gosling ? D’autant plus lorsque l’on est une fille ? Au pire, on passe pour une groupie, au mieux pour une béotienne aux goûts désespérément normalisés. Il faut voir les choses en face : en 2017, le fan de Ryan Gosling n’a plus aucune crédibilité. Il a alors fallu ruser, minimiser son engouement, prendre des chemins détournés, affirmer que Joaquin Phoenix était vraiment notre acteur préféré (et non le deuxième). Bref, non seulement nous étions dépossédés de notre secret bien gardé, mais nous devions faire face à une armée de rabat-joie qui ne nous prenaient plus au sérieux.

Et ce n’est pas l’arrivée de La La Land qui va arranger les choses. Le film du prodige Damien Chazelle (instigateur du coup de fouet Whiplash), non content d’avoir raflé des dizaines de prix partout dans le monde, parmi lesquels sept Golden Globes, est officiellement devenu « le film le plus attendu de l’année » si l’on en croit les murs du métro. Une comédie romantique et musicale sur le rêve hollywoodien, ouvertement glamour, optimiste, anti-rabat-joie, dont on a déjà à peu près tout vu et tout dit, presque jusqu’à l’overdose. Et avec ça un Ryan Gosling et une Emma Stone au sommet de la sexitude. Du pain béni pour les sceptiques, une raison supplémentaire de s’exciter pour les « born again » de Gosling. Il allait être difficile de passer entre les mailles du filet, de fermer les écoutilles pour profiter de ce film sans souffrir des interférences. Avoir un œil neuf et un cœur frais et ne se laisser imprégner que par ce que Damien Chazelle avait à nous montrer. Et déjouer ces attentes qui semblaient n’être là que pour être déçues.

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Soyons clairs, je ne pouvais en aucun cas être déçue par ce film. Mes deux acteurs préférés dans mon genre cinématographique préféré, réalisé par un type dont j’ai adoré le précédent long-métrage ? Vous êtes sérieux ? Honnêtement, mes attentes étaient déjà comblées. Les dialogues auraient pu être dignes de Plus Belle La Vie et la réalisation d’un mauvais téléfilm de France 2, j’aurais quand même été contente. Mais La La Land n’est bien sûr pas de ce niveau-là. Car je n’ai que très rarement ressenti autant d’émotions aussi fortes et aussi diverses que celles que j’ai ressenties ce soir en découvrant La La Land. Là on l’on pouvait craindre le trop-plein – de régime, de jeu d’acteur, de numéros musicaux, de couleurs – on ne trouve que douceur, élégance, équilibre. Et surtout un grand naturel de la part des deux acteurs : face à une Emma Stone toujours aussi lumineuse, notre fameux Ryan est redevenu lui-même. Car si mon amour n’a jamais failli, je tiens à dire que dans toute sa période post-Drive, j’avais un peu perdu le vrai Ryan Gosling, celui des Half Nelson, N’oublie jamais ou même La Faille, comme si le succès l’avait fait prendre conscience de son propre jeu. De nouveau totalement dans le lâcher prise depuis le très drôle The Nice Guys de Shane Black, le redécouvrir dans La La Land (qui va de toute évidence le faire rentrer dans la catégorie des superstars à la Leonardo Di Caprio) avec tout ce qui nous a fait tomber amoureux de lui un jour de 2004, alors qu’il déclarait sa flamme à Rachel Mc Adams dans une adaptation de Nicholas Sparks, est probablement l’une des plus belles expériences cinématographiques qui soient.

En dire plus sur La La Land serait inutile, pire, du gâchis. Car il n’y a rien de mieux que de se laisser porter, surprendre, émouvoir, en faisant fi de toute cette effervescence autour du film qui nous en donne une idée préconçue. Ne rien savoir sur La La Land avant d’aller le voir, c’est un peu comme se faire un cadeau à soi-même. Alors n’ayons plus honte de dire à quel point nous aimons Ryan Gosling, et peu importe ce que les autres en pensent. Car une fois toute cette folie passée, ne resteront que les films et ceux qui les regardent.

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