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[Musique] LIVE REPORT : LOYLE CARNER AU BADABOUM

Tel un rayon de soleil émis depuis les profondeurs de la banlieue londonienne, la musique de Loyle Carner, jeune rappeur anglais au sourire aussi grand que ses yeux, s’était progressivement nichée dans tous les recoins de notre quotidien, avec sa mélancolie chaleureuse et son groove innocent.

Après plusieurs concerts complets à Paris, cette nouvelle date – toujours sold out – au Badaboum faisait suite à la récente sortie de son premier album Yesterday’s Gone. Une œuvre à l’image de son interprète : sincère, lumineuse, généreuse. Car ce qui frappe le plus lorsque l’on voit Loyle Carner pour la première fois (ou même la troisième), c’est cette évidente gentillesse et ce respect illimité qu’il semble éprouver pour les gens qui l’entourent et le soutiennent. Omniprésents sur l’album, sa famille et ses amis le sont aussi sur scène : le décor, sobre, présente un intérieur de maison dans lequel on aimerait bien se poser et au milieu duquel trône un écran où est projeté la pochette de l’album, portrait géant de Loyle entouré de ses proches – chien compris – dans ce que l’on devine être le jardin de la maison familiale. Et les images prendront peut-être bien vie avant la fin du concert… Sur scène également, son meilleur ami et DJ Rebel Kleff l’accompagne avec conviction, se joignant même à lui au chant sur certains morceaux, alors délivrés avec le double de joie de vivre. En fait, un concert de Loyle Carner, c’est un peu comme un bœuf entre amis, un moment intime partagé entre lui et son public, tous mis sur pied d’égalité. Mais loin de toute facilité, son set est surtout superbement mis en scène pour raconter intelligemment son histoire. Avec l’introduction chorale de « The Isle of Arran », l’Anglais fait une entrée faussement triomphante mais vraiment marquante, accueillant avec incrédulité et reconnaissance son nouveau statut d’idole. Il clôturera son concert avec la même classe et la même cohérence, par une reprise acoustique et collégiale du titre éponyme « Yesterday’s Gone ». Entre les deux, il aura su nous émouvoir avec l’histoire de sa sœur imaginaire « Florence », nous rendre nostalgique sur « Ain’t Nothing Changed » (probablement l’une des meilleures chansons des années 2010, tous genres confondus), nous faire bronzer sur « Sun of Jean », danser sur « Stars and Shards » ou pogoter sur « NO CD ».

Ce qui est sûr, c’est qu’il aura su nous faire passer par toutes les émotions possibles mais aussi créer ce sentiment d’appartenance si cher et si fragile lorsqu’il s’agit de musique. Après avoir crié une dernière fois ensemble « Ooh Haa Cantona ! » (héros de son père, lui-même héros de Carner), une certitude nous étreint : le passé est peut-être derrière nous, mais notre avenir ne se fera pas sans lui.

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