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[Séries] BINGE WATCHING – AVRIL 2017

Vous pensiez que le Festival Séries Mania avait tellement monopolisé mes soirées d’avril que je n’avais eu le temps pour aucune autre séance de binge-watching maison ? Détrompez-vous. A cœur sériephile, rien d’impossible et ces dernières semaines ont été riches en émotions sérielles.

A commencer par 13 Reasons Why, officiellement devenue le plus grand succès de tous les temps de Netflix à en juger le buzz monstrueux qui a suivi. L’histoire de Hannah, une ado qui a enregistré treize cassettes audio destinées aux treize personnes qu’elle considère comme responsables de son suicide, a en effet fait couler beaucoup d’encre en raison de son sujet hautement sensible. Si la série souhaite apparemment aider les personnes victimes de harcèlement scolaire, beaucoup se sont inquiétés des effets néfastes qu’elle pourrait avoir sur des jeunes fragiles en leur montrant un tel passage à l’acte, d’autant plus raisonnablement justifié par la propre victime. Personnellement, je pense que cette série peut davantage faire figure d’électrochoc pour ceux ayant dans leur entourage des personnes dépressives, isolées ou susceptibles de passer à l’acte. 13 Reasons Why nous rappelle surtout de rester vigilant et de porter attention aux gens qui nous entourent et c’est en cela qu’elle m’a beaucoup marquée. Sincèrement, si je devais conseiller un film ou une série à des personnes qui vont mal, je leur dirais plutôt de regarder Glee, Broad City, 2 Broke Girls, La revanche d’une blonde, Bridget Jones… Bref, n’importe quelle comédie où des héros hors normes et parfois très isolés finissent par surmonter l’adversité. Je ne leur montrerais certainement pas une série où l’héroïne se suicide à la fin. Je ne suis pas psychologue, mais cela me paraît juste relever du bon sens… Mis à part ces questions d’éthique, 13 Reasons Why est un magnifique drama à la bande son parfaite, au spleen poétique et surtout dotée d’une galerie de personnages particulièrement charismatiques et attachants. Du timide Clay au sage Tony, en passant par l’ambivalent Justin au torturé Alex, tous sonnent juste, aucun ne laisse indifférent. Alors certes, la série n’est pas toujours très crédible (comment autant de malheurs peuvent venir acculer une jeune ado de la classe moyenne en si peu de temps ?), mais cet attachement instantané aux personnages et à cette ambiance envoûtante ont rapidement eu raison de mon scepticisme. On a donc hâte de retrouver nos nouveaux amis dans une saison 2 qui devra répondre aux nombreuses questions laissées en suspens.

Deuxième coup de cœur du mois, l’incroyable Big Little Lies, de Jean-Marc Vallée. Le réalisateur de Wild et Dallas Buyers Club nous embarque dans une banlieue balnéaire en apparence idyllique, où les mères au foyer participent activement à la vie scolaire de leurs rejetons et en profitent pour se débiner les unes les autres. Jusqu’au jour où un meurtre est commis. Qui est mort ? Qui est coupable ? Les sept épisodes en flashback nous proposent de rencontrer cinq femmes fortes aux prises avec les aléas du couple. Et les couples les moins heureux ne sont pas forcément ceux que l’on croit… L’attrait de cette série venait pour moi principalement de la présence au générique de Reese Witherspoon (mon héroïne de toujours) et Nicole Kidman (que je n’ai jamais vu mal jouer, je dis bien jamais). Les deux actrices illuminent littéralement cette mini-série par leur délicatesse et leur force innée et réinventent à elles seules la notion de féminisme. D’une beauté cinématographique et d’un suspense à couper le souffle, Big Little Lies est avant tout un magnifique et bouleversant portrait de femmes, comme on en voit rarement. Comme on en voit jamais en fait. Familles recomposées, tromperies, jalousies, violences conjugales : jamais des sujets aussi sensibles n’auront été abordés avant autant de finesse et de justesse. Jusqu’à un final époustouflant, proche de la perfection. Un seul mot : merci.

Dernière série du mois : la très attendue et déjà polémique Dear White People. Adaptée du film du même nom (on retrouve d’ailleurs ici quelques acteurs) par Barry Jenkins (le fameux réalisateur de Moonlight), la nouvelle création Netflix raconte avec humour et conviction le combat d’étudiants noirs dans une université imaginaire de la Ivy League. Tout commence avec la tenue d’une soirée « Blackface » dans l’une des fraternités de la fac. Tout se termine par une émeute. Dear White People démarre un peu maladroitement en répétant au cours de ses trois premiers épisodes la fameuse soirée, présentée à chaque fois du point de vue d’un personnage différent. C’est un peu oublier que le spectateur a déjà suivi le déroulement de la soirée et aimerait bien qu’on avance dans l’histoire. Le deuxième souci avec cette construction polyperspectiviste est que, notre attachement à chacun des personnages n’étant pas équivalent, l’idée de sauter l’épisode sur celui qui ne nous intéresse pas, est très tentante. Heureusement, sur dix courts épisodes de 30 minutes, Dear White People n’a pas trop le temps de nous ennuyer et monte en puissance dans sa deuxième moitié vers un final explosif, où les cartes entre les protagonistes sont redistribuées. Une réussite très maîtrisée.

Ah et sinon, j’ai regardé le premier de Girlboss, mais je n’en parlerai pas. Car c’est mauvais. Vraiment mauvais.

 

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