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[Séries] BINGE WATCHING – MAI 2017

Le mois de mai sonnait le retour de deux héros de Netflix : Aziz Ansari et Kimmy Schmidt. Dire que j’étais excitée serait un euphémisme.

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Autant le dire tout de suite : je suis stressée rien qu’à l’idée d’attaquer cet article sur la saison 2 de Master of None, car je sais d’ores et déjà que les mots vont me manquer pour décrire à quel point j’ai adoré cette saison. Soyons clairs, c’est un chef d’œuvre. Probablement l’une des meilleures, voire la meilleure des saisons que les séries pourront nous offrir cette année. Les deux premiers épisodes découverts en avant-première au festival Séries Mania (en présence du dieu Aziz en personne) était déjà excellents, mais rien ne nous avait vraiment préparé à tel sommet de réussite aussi bien formelle qu’émotionnelle. Si la première saison était subtile, pertinente et visait en plein dans le mille de nos sentiments, cette nouvelle livraison double la mise et nous brise carrément le coeur. D’une acuité sans pareille quand il s’agit de parler d’amour, d’identité et d’intégrité, Aziz Ansari n’a désormais plus peur de s’essayer à des exercices techniques, par exemple en s’enlevant lui-même de l’équation de certains épisodes. Il nous bringuebale d’une anecdote bouleversante à l’autre, tantôt au centre du récit, tantôt à sa marge, faisant la part belle à ses co-interprètes (les géniaux Eric Wareheim et Lena Waithe), et participe ainsi au portrait incisif et tendre de sa génération. Si le niveau des épisodes ne faiblit jamais au fil de la saison, celle-ci est néanmoins peuplée de pics de génie qui rentreront dans les annales, que ce soit « First Dates » (sponsorisé par Tinder) ou encore « New York, I Love You », épisode expérimental qui fait directement de la concurrence au « B.AN. » d’Atlanta réalisé par Donald Glover, pour le prix du meilleur épisode de la saison télévisuelle 2016-2017. Comme le disait Christian Bodin dans La Grande Librairie en janvier dernier : « Un livre heureux n’est pas un livre qui vous parle, c’est un livre qui vous entend ». Aziz Ansari nous démontre ici que l’on pourrait tout à fait dire la même chose d’une série télé.

Peut-être moins ambitieuse, Unbreakable Kimmy Schmidt reste néanmoins aujourd’hui une voix singulière dans le paysage sériel, avec son héroïne ultra-optimiste et son ton complètement absurde. Déjantée à tous les niveaux, elle a su garder sa fraîcheur tout en approfondissant son propos au fil des années. Plus que jamais dans cette saison 3, elle relève le défi de faire se côtoyer l’un des meilleurs personnages de série de ces dernières années (le flamboyant et imprévisible Titus Andronicus) avec l’un des pires (Vivian et son horripilante voix de crécelle, qu’aucune tentative scénaristique ne semble pouvoir sauver).  Si elle n’est pas à l’abri d’une certaine insignifiance, noyée au milieu d’autres projets plus aboutis et fédérateurs, Kimmy Schmidt fait de la résistance avec son sous-texte politique et son insistance butée à aller dans le sens contraire du courant actuel des séries cinématographiques léchées. Elle a ainsi le culot de ne pas tenter d’être chose qu’elle-même, et ça fait parfois du bien. Rien de mieux, donc, pour faire entrer un peu de soleil chez soi en attendant l’arrivée de l’été.

 

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