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[Musique] LIVE REPORT : MAC DEMARCO A LA MAROQUINERIE

Après un milliard d’écoute et des dizaines de concerts, qu’est-ce qui nous fait encore vibrer en apprenant la tenue d’une date intimiste de Mac Demarco à la Maroquinerie ? Probablement la confiance aveugle que l’on porte au Canadien pour nous surprendre là où l’on croyait tout connaître de lui. Car si l’on a fini par devenir familier de ses facéties à force de le suivre partout, on ne peut jamais vraiment savoir ce qui peut se passer lorsque notre slacker préféré débarque sur scène.

En ce lundi soir brûlant (40° minimum à l’intérieur), c’est avec une déférence presque religieuse que le public accueille un Mac visiblement en très grande forme : « On va jouer le plus longtemps possible », nous prévient-il. On n’en doutait pas. Démarrant par un « Salad Days » toujours aussi jouissif avec ses « la la la », la set list se révèle impressionnante en ce qu’elle révèle ce que l’on avait peut-être oublié : que tous les titres de Mac Demarco sont des tubes. « My Kind of Women », « Ode to Viceroy », « Cooking Up Something Good », « The Stars Keep On Calling My Name »… Autant de mélodies ancrées dans nos mémoires et dans nos oreilles et qui ont toutes ce don pour nous rendre heureux. Les extraits du nouvel album This Old Dog s’imposent aussi comme des classiques instantanés que la foule connaît déjà par cœur, « This Old Dog » et « For The First Time » en tête. Le minimalisme de ce dernier opus permet néanmoins au chanteur de partir en live vers des contrées plus jazzy, à l’image de son pote Homeshake, vu quelques semaines plus tôt au Point éphémère, notamment sur le bouleversant « One More Love Song » et « My Old Man », complètement revisitée.

Au-delà de la beauté évidente de la musique, un concert de Mac Demarco, c’est donc bien sûr et toujours un événement. Car il est lui-même constitué d’une multitude de petits événements. Dans un crescendo ininterrompu de happenings, Mac aura ainsi successivement invité une spectatrice à venir jouer des percussions sur scène, hurlé à la mort « I want my money back ! » (ce à quoi le public aura répondu un pertinent « Rends l’argent ! »), fait des reprises parodiques de tubes des années 90 et 2000 (mention spéciale au « A thousand miles » de Vanessa Carlton, devenu « Making my way downtown »), envoyé ses musiciens slamer sur le public pendant « Freaking Out The Neighborhood », slamé lui-même à moitié nu sur le désormais mythique « Together » et, enfin, joué au cochon pendu avec les câbles accrochés au plafond (c’est aussi dangereux que ça en a l’air). Deux heures plus tard, n’ayant survécu à cette tempête bouillonnante que par l’intervention salvatrice de mon éventail, c’est par le sublime « Chamber of Reflection » (plus belle chanson du monde ? Le débat est lancé) que Mac Demarco conclut sa set list « officielle » avant de partir dans ses délires hard rock habituels de fin de concert.

Ce que l’on retiendra de ces 120 minutes suantes et épiques, c’est ce naturel et cette connexion avec les gens qui fait du Canadien un artiste à part en ce qu’il semble parfaitement étranger à la notion de succès ou de notoriété. Là où il aurait pu s’assagir ou, au contraire, devenir une caricature de lui-même jouant de sa nonchalance et son côté chien fou, il continue de nous écraser par sa spontanéité, son talent et son intégrité. Et c’est aussi beau que ses chansons.

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