cinéma

[Cinéma] L’anti-critique : « BABY DRIVER » d’EDGAR WRIGHT

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Qu’est-ce qu’un film cool ? De Ocean’s Eleven à Drive, chaque époque a apporté son lot de films chill où des mecs cools faisaient des trucs cools sur des musiques cools, mais sans jamais vraiment livrer la recette : une sorte de combinaison mystérieuse qui, à un instant T, réussit à rassembler tous les codes de ce qui faisait qu’un film devenait branché tout en gardant ce côté « slacker » qui nous plaît tant. Mais le problème de cette coolitude est qu’elle semblait disparaître avec leur époque et aujourd’hui, même si ces films sont encore largement appréciés, il est surtout désormais de bon ton de les critiquer. Alors comment passer l’épreuve du temps ? Un homme semble avoir trouver la solution, et cet homme s’appelle Egdar Wright. Héros geek adulé, le réalisateur et scénariste anglais a établi depuis le début des années 2000 sa propre ligne de conduite cool en parodiant les films de genre avec finesse, décontraction et un humour à tous les degrés. De Shaun of the Dead à Scott Pilgrim en passant par Hot Fuzz, l’aura de ses films n’a jamais été entachée par les années, et semble même grandir avec le temps.

C’est ainsi en véritable star qu’Edgar Wright est arrivé au Forum des Images le mardi 20 juin pour nous présenter en avant-première son nouveau film Baby Driver, faux film de bagnoles et vrai film musical, un sommet de film cool qui pourrait à lui seul définir le genre. Avec modestie, gentillesse et un évident second degré, le Britannique a joué le jeu de la masterclass devant une audience plus qu’avertie et à la fébrilité palpable (il est quand même rare de savoir qu’on va adorer un film avant même de l’avoir vu). Car comme il nous l’a si tranquillement expliqué, Wright a ici réalisé son rêve le plus fou et probablement le fantasme de tout fan de musique et de pop culture en général : faire un film entièrement basé sur sa bande son, en synchronisant toute l’action du film sur la musique qui l’accompagne, fusillades comprises. C’est presque trop pour notre petit cerveau. Et autant le dire tout de suite : c’est aussi génial que ça en a l’air, surtout quand la BO mixe Jon Spencer Blues Explosion, Danger Mouse et Run The Jewels. Avec cette incroyable prouesse technique qui s’ajoute au fait que 95% des cascades de voitures ont été faites en real motion, la seule raison qui pourrait expliquer que Baby Driver ne rafle pas toutes les récompenses du son et/ou montage aux prochains Oscars serait que ces catégories aient entre-temps été supprimées.

Cet exploit, loin de n’être qu’un gadget, est une vraie déclaration d’amour à la musique et n’oublie jamais de se mettre au service d’une galerie de personnages originaux et attachants. Au milieu d’acteurs confirmés dont la perfection n’est plus à rappeler (Kevin Spacey, Jon Hamm, Jamie Foxx), le film révèle surtout le talent tout en nuances et le charisme évident d’Ansel Elgort, jeune ange blond qui aurait pu facilement passer du côté fadasse et que l’on est donc ravis de voir s’éloigner des films young adults dans lesquels il aurait pu se laisser emprisonner (rappelez-vous Divergente et Nos étoiles contraires). La fraicheur du couple qu’il forme avec Lily James n’est jamais niais, ni tourné en dérision : un premier degré et une douceur assumés qui font de Baby (« B-A-B-Y, Baby ») une œuvre à part dans la filmographie de Wright. Au-delà de l’objet pop jouissif, Baby Driver est donc avant tout un film humain, surprenant, solaire. Bref, un film cool.

Et pour finir, mieux qu’une bande-annonce : un remix.

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