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[Musique] LE FESTIVAL LOVEBOX EN 5 CONCERTS

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Alors que notre fête nationale battait son plein, Victoria Park accueillait le 14 juillet, à l’Est de Londres le Lovebox Festival. Avec son site à taille humaine et son emplacement au cœur d’un quartier branché de la capitale, le Lovebox se distingue aisément de la concurrence britannique qui lui préfère souvent la surenchère aussi bien musicale que spatiale. Avec une programmation électro-urbaine classe et pointue, ce sympathique festival n’a pas besoin d’en faire plus pour appâter le chaland et nous a vite charmés par une atmosphère bon enfant et un public avisé.

C’est ainsi dans une ambiance décontractée et décomplexée (comprendre : les deux-tiers des festivaliers en sous-vêtements) que l’on a pu, entre autres, naviguer entre les scènes Noisey (qui accueillait notamment les surdoués Sampha et Solange), Fabric (pour le débit techno) et Soulection (le merveilleux collectif d’électrosoul londonien), sous un soleil aussi inattendu que bienvenu. Pour sa quinzième édition, le Lovebox avait donc invité du beau monde, des plus petits aux plus grands, et s’était même payé le génie Frank Ocean. Et même si les découvertes ont été belles et nombreuses, ce sont quand même les têtes d’affiche – très, très lourdes – qui ont au final imposé leur loi. Les grands moments de cette première journée des festivités en cinq étapes.

1- Frank Ocean

On a beau dire, c’est bel et bien l’artiste américain qui avait fait migrer toute la faune britannique vers Victoria Park ce weekend. Annoncé à 21h30, il arrive finalement trente minutes plus tard dans un rayon de lumière christique au milieu de la foule. Le dieu Frank ne montera jamais sur la scène centrale, lui préférant son podium érigé à quelques dizaines de mètres de là au milieu de la plaine. Filmé par des caméras low-fi, des images énigmatiques sont retransmises en direct sur les écrans géants, dédoublant ainsi dans les derniers rayons du soleil la vision de cet enfant prodige. Véritable happening audiovisuel, la performance rétro-futuriste et romantique se transforme en expérience sensorielle en même temps que s’enchaînent les titres de son dernier album « Blonde » (largement majoritaires dans la set list). La démonstration n’aura certes pas séduit tout le monde, certains pointant à juste titre le semblant amateurisme de l’organisation (« That’s why he was fucking late : because he is not fucking ready ! » s’époumonera un Anglais à ma gauche). Pourtant, aucun autre concert du festival n’aura provoqué autant de réactions, qui confirme bien ce que l’on ressentait déjà intérieurement en entendant la foule chanter sur « Thinkin about you » : qu’il fallait être là et se laisser éblouir par cette audace, cette indépendance et cette créativité, trop rares aujourd’hui.

2- Kaytranada

Il faisait chaud sous la tente Noisey pour accueillir le trublion québécois. Toujours aussi beau derrière ses platines et manipulant toujours aussi habilement ses transitions entre hip-hop, house, soul et funk, Kaytranada a fatigué nos jambes et ravi nos oreilles dans une ambiance survoltée. Depuis le temps, nous avions presqu’oublié la puissance et la perfection de son remix du déjà excellent « If » de Janet Jackson : Kaytra s’est consciencieusement chargé de nous le rappeler. 

3- Jamie XX

La déception et Jamie XX sont deux notions que l’on a peu de chance de voir se côtoyer un jour. Alors que les derniers rayons illuminaient la Main Stage et que des licornes gonflables survolaient la foule, l’Anglais a aligné une série de rouleaux-compresseurs disco-funk dans un crescendo jouissif, s’autorisant même quelques sorties de route techno-indus, histoire de s’assurer que nous étions bien sur le qui-vive. Morale de l’histoire : toujours faire confiance à un DJ qui entame son set par un vocal de Frank Ocean.

4- Rüfüs

Découverts en début d’après-midi à la faveur de l’annulation de Mick Jenkins sur une scène voisine (tristesse), les Australiens de Rüfüs ont littéralement fait revenir le soleil sur les allées boisées de Victoria Park. Avec leurs titres sautillants et colorés et leur enthousiasme communicatif, ils ont su embarquer un public bienveillant et de plus en plus fourni à mesure que rayonnaient leurs accords de guitare et que résonnait leur groove imparable. Onduler est toujours la meilleure manière de commencer la journée.

GVP-RÜFÜS

5- Mac Miller

Malgré quelques moments de creux, le jules d’Ariana Grande n’a pas eu trop de mail à imposer sa cuteness en fin d’après-midi, avec son sourire enjôleur et ses tatouages de gros dur. Cette mignonnerie assumée n’en est pas moins trompeuse quand on voit de débit mitraillette de tueur dont le rappeur est capable. Avec « Dang ! », Mac Miller a réussi le coup festif de l’année, mais c’est plutôt sur des titres plus intimes comme « Stay » qu’il nous touche vraiment. Inutile de dire que le petit prodige de Philadelphie ne nous a pas impressionné que pas ses imposants tatouages en ce samedi.

 

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