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[Cinéma] L’anti-critique : « 3 BILLBOARDS » de MARTIN MCDONAGH

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Ce que j’aime par-dessus tout quand je vais au cinéma, c’est être surprise. A l’heure où les bandes-annonces ne semblent plus qu’être un résumé très condensé des films, rien n’est plus délicieux selon moi que de se laisser porter au gré d’une histoire sans savoir où elle va nous mener. Et je peux dire qu’avec 3 Billboards – Les Panneaux de la Vengeance, je n’ai pas été au bout de mes surprises.

Je n’en attendais pourtant pas tant du grand gagnant des derniers Golden Globes. Sans le savoir, les critiques cinéma avaient utilisé les mauvais arguments pour me séduire : insister sur le lien avec les frères Coen. Apparemment, faire jouer Frances McDormand dans un film violent – ou plutôt, comme on le verra plus tard, qui parle de violence – suffit à vous faire passer pour un héritier du duo qui nous a infligé (ou juste à moi) Fargo et No Country For Old Men. Je sais, je sais… Ces films sont officiellement formidables. Il n’empêche que j’ai du mal à voire le rapport entre l’humour noir et la violence gratuite des Coen et le propos de 3 Billboards. Car je suis désolée de vous apprendre que le film de Martin McDonagh n’est pas celui que l’on essaie de nous vendre. La bande-annonce laissait sous-entendre un humour cynique, une violence brute, un tremblement de terre cosmique, bref un film de vengeance (rien que ce titre en VF, franchement…). Après tout, on parle quand même d’une mère qui dénonce sur trois grands panneaux publicitaires à la sortie de sa ville, l’incapacité de la police à arrêter le meurtrier de sa fille, et déclenche ainsi de dramatiques réactions en chaîne. On a vu plus paisible comme scénario.

Or, tout au long de la séance, j’ai été frappée par la tendresse du film : du visage des acteurs à la bienveillance du metteur en scène envers ses personnages, sans jamais les juger ni les condamner, tout n’est ici que sentiments : parfois rentrés, souvent explosifs. Et surtout, rien ici n’est jamais gratuit, et encore moins la violence, par ailleurs beaucoup moins présente visuellement que l’on aurait pu l’imaginer. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un film où chaque réplique et chaque plan sont nécessaires et où chaque personnage, s’il a son rôle à jouer, n’a pas pour autant son histoire écrite à l’avance. Au-delà d’un scénario évidemment bien ficelé et rebondissant, c’est donc avant tout dans la sincérité de son écriture et de son jeu d’acteurs que le film nous attrape. Là où je m’attendais à voir une démonstration de force tellement virtuose qu’elle risquait d’être impersonnelle, j’ai découvert, à ma grande surprise, un monstre d’émotion, qui parle davantage à l’intelligence du cœur qu’à notre expertise cinématographique. On réalise d’ailleurs rapidement que le film ne parle pas tant de vengeance, qui s’adresserait à nos pulsions les plus basses, que de justice, qui tend au contraire à rendre notre société plus cohérente et solidaire. Un sentiment un peu plus noble, on en conviendra.

Alors, certes, tout n’atteint peut-être pas des sommets de perfection dans 3 BIllboards (Abbie Cornish et son accent américain, on en parle ?), mais, quand je vois Frances McDormand relever un sourcil, je me dis qu’on en est quand même pas très loin.

 

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