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[Musique] Live Report : MGMT À LA CIGALE

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Depuis leurs débuts en 2007, notre relation avec MGMT sera passée par toutes les étapes. De l’amour fou, d’abord, avec le mythique et générationnel Oracular Spectular, accompagné de ces concerts délirants et transpirants où Andrew finissait à moitié nu dans la foule (qui l’avait déshabillé). Puis est rapidement venu le temps du désaveu, drôle de période où le groupe avait décidé de renier son premier opus et annonçait ainsi, au grand dam de ses fans, la fin d’une époque où les foulards dans les cheveux et les tubes fluorescents à la main représentaient le summum de la coolitude. Leur deuxième album Congratulations, sorti en 2011, restait néanmoins sympathique et on acceptait de les suivre. Vint enfin le temps de l’égarement et de l’incompréhension en 2013, avec une troisième livraison éponyme qui illustrait malheureusement bien le nom de son titre inaugural, « Alien Days ». Malgré toute notre loyauté, nous étions un peu perdus et un retour gagnant de MGMT cinq ans plus tard ne semblait être alors qu’un doux rêve.

Et pourtant. A la faveur de trois singles excellents sortis fin 2017 et début 2018, l’espoir fou d’un retour en grâce était permis. À en croire les ventes record pour leur premier concert en France depuis des années – une Cigale complète en quelques secondes –, on ne parlait même plus de retour en grâce, mais d’une renaissance. Et en ce lundi soir de février sous la neige, le doute n’était plus permis, alors qu’on jouait des coudes pour se faire une petite place dans la fosse : ce concert de MGMT était l’endroit où il fallait être.

Une mise en scène simple mais belle (deux écrans, un géant dans le fond, un autre plus petit, derrière les musiciens), des musiciens simples mais beaux. Le duo new-yorkais a en fait toujours eu une longue d’avance sur les autres groupes pop pour la simple et bonne raison qu’ils possèdent une chose qui ne s’invente pas : le charisme. Voir apparaître la tête d’ange d’Andrew dans son costume noir, une fausse rose accrochée à poitrine, et Ben, avec semble-t-il les mêmes lunettes depuis 2007, suspend immédiatement le temps. Le set commence avec l’un de ces merveilleux nouveaux titres, qui donnera d’ailleurs son nom au nouvel album, « Little Dark Age » (encore cette idée d’époque et de génération) : entre lumière et obscurité, l’ambiance est posée.

Si Andrew n’a jamais été du genre causant, il a gagné en assurance et sait communiquer à sa façon avec le public. Pas besoin de parler, quand quelques accords de guitare espagnole au bord de la scène ou une canette de bière qui lui explose au visage suffisent à créer un moment de complicité avec les spectateurs. MGMT a en effet cette qualité rare de ne pas essayer d’être quelqu’un d’autre que lui-même, que ce soit dans sa musique ou dans son attitude, et parvient à un équilibre parfait – et assez magique – entre une totale indépendance dans sa conception de la musique, ne cherchant jamais à plaire à tout prix, et un profond respect pour son public : toujours fidèles à des mélodies alambiquées mais accessibles, le duo se plie également volontiers aux reprises de leurs anciens tubes, pourtant honnis par eux pendant de longues années, avec la même implication que sur n’importe quel autre titre – au hasard « Flash Delirium », véritable morceau de bravoure. Ils ne font pas non plus l’erreur de repousser indéfiniment l’échéance en calant ces morceaux en fin de set, mais les égrènent tranquillement au fur et à mesure du concert : « Time to Pretend » fait ainsi son apparition dès les dix premières minutes, « Electric Feel » suivra peu de temps après, tandis que « Kids » et « The Youth » fermeront la marche. Les nouveaux titres sont quant à eux extrêmement prometteurs quant à la qualité du nouvel album qui sort dans quelques jours : outre le très beau « Hand It Over », on retiendra le dansant « Me and Michael » et le très accrocheur « At my phone » (je n’ai en fait aucune idée du titre, mais des images de Iphone ondulaient  sur les grands écrans, je ne dois donc pas être trop loin du compte).

Enfin, toute la beauté de MGMT réside dans cette capacité à nous surprendre avec leur folie douce et à influer cette mélancolie surréaliste dans tout ce qu’ils font (et chantent) : on ne saura ainsi peut-être jamais pourquoi Andrew a pédalé sur un vélo d’appartement pendant toute une chanson, et c’est très bien comme ça. Tout n’a pas toujours besoin d’être expliqué, vocalisé, justifié. Ce soir, les deux compères de MGMT auront parfaitement su exprimer ce qu’ils avaient à dire dans leur simple façon d’être eux-mêmes. Et c’est pour ça qu’on les suivra toujours, foulards dans les cheveux ou non.

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