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[Musique] Live Report : FRANZ FERDINAND AU ZÉNITH DE PARIS

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Assister à un concert de Franz Ferdinand est toujours une expérience euphorisante, tant le groupe de rock écossais a toujours été, depuis ses débuts, d’une redoutable efficacité sur scène. Mais pour moi, me rendre à un concert de Franz Ferdinand, c’est aussi raviver de nombreux souvenirs qui remontent au jour où j’ai découvert leur premier album éponyme en 2004. À cette époque, on découvrait encore les nouvelles musiques en regardant « Top of the Pops » à la télé et c’est comme ça que je suis tombée un jour sur « Take Me Out » et sur ce groupe qui allait rythmer les 14 prochaines années de ma vie. Mes années lycée tout d’abord, où, avec ma meilleure amie, nous nous échangions nos disques préférés en notant à l’intérieur sur un morceau de papier nos morceaux favoris. Puis nous avons commencé à chanter et à nous accompagner à la guitare pour nos reprises des Franz Ferdinand. À chaque fois que j’entends « Walk Away », je repense ainsi à ce concert de fin d’année, organisé par notre professeur, où mon grand-père, dans le public, s’était fait remarquer pour avoir soupiré un peu trop fort « Mais qu’est-ce qu’on se fait chier ! » au passage d’un autre élève pas assez doué à son goût.

2005 fut ensuite l’année de mon premier vrai concert rock, comme par hasard Franz Ferdinand à Rock en Seine. À 17 ans, la foule dense ne me dérange pas et j’attends patiemment le début de leur set au milieu de la plaine du Domaine de Saint-Cloud après avoir profité d’un concert tout aussi compact des Foo Fighters sur la grande scène. Je me souviens encore du frisson ressenti au moment où la foule, après quelques secondes de silence, expulse enfin le « Take Me Out » tant attendu. Je me souviens aussi de ma grand-mère, 70 ans alors, m’attendant à 1h du matin de l’autre côté du pont de Saint-Cloud, contre un poteau, mon grand-père nous attendant dans la voiture et sûrement en train de sympathiser avec les policiers encadrant le festival (mon grand-père a cette capacité de sympathiser avec n’importe qui, n’importe où, n’importe quand). Avec le recul, je me rends compte que j’ai fait faire des choses un peu folles à ma famille. Mais il faut dire que ma passion pour Franz Ferdinand, je l’ai toujours partagée avec eux, à danser ensemble sur « Michael » et « No You Girls » dans le salon de mes grands-parents ou la cuisine de ma mère (celle-ci m’avait d’ailleurs accompagnée à l’un de leurs premiers concerts au Zénith, quand j’étais encore un peu trop jeune pour prendre le train de nuit sans trouver ça glauque – je suis désormais trop vieille).

Si ces premiers émois m’ont marquée à jamais, ils ont surtout marqué le début de ma passion pour les concerts et de nombreuses dates des Ecossais, dans des salles de toute taille et de tout pays : une Cigale intime et surchauffée, plusieurs Zénith épiques, des prestations avec ou sans Sparks, et toujours des Rock en Seine mythiques, au point de devenir inconsciemment l’endroit naturel pour les voir. Je dois également noter dans ma liste un festival dans les environs de Glasgow, sous une pluie battante et littéralement embourbée jusqu’aux genoux : l’amour ne connaît pas de limites. Mais tous ses concerts, ce sont aussi des gens avec qui les partager : ma mère, ma meilleure amie, des amis moins proches, des amis perdus de vue, des dates foireux… Faire le bilan de mes concerts de Franz Ferdinand c’est un peu remonter le fil de mon histoire, chaque chanson me rappelant l’époque à laquelle je les ai écoutées pour la première fois et me permettant de mesurer le chemin parcouru (ou pas) depuis.

Je travaille aujourd’hui dans la musique, je vais voir des concerts presque toutes les semaines et je n’ai plus besoin de prendre le train de nuit pour rentrer chez moi. Mais les concerts de Franz Ferdinand ont conservé cette saveur particulière, parce qu’ils font partie intégrante de ma vie et pas seulement de ma vie culturelle. Leur dernière date au Zénith de Paris est ainsi venue rajouter une petite pierre à l’édifice. Avec un set redoutablement efficace et généreux, comme seuls savent les élaborer les vrais routiers de la musique, alternant avec habilité nouveaux et anciens titres, les Franz nous ont encore une fois prouvé qu’ils ne connaissaient pas la baisse de régime (même si ce n’était pas forcément le cas du public). Sur « Do You Want To », joué en début de set, j’ai ressenti la même euphorie que lorsque je l’avais entendue en posant You could have it so much better sur ma platine pour la première fois. Sur « Walk Away », j’ai enregistré une petite vidéo pour l’envoyer à ma meilleure amie, actuellement en train de nourrir des kangourous à l’autre bout du monde. J’ai une nouvelle fois retenu mon souffle avant le « Take Me Out » final. Et j’ai encore failli perdre ma voix et mes jambes sur le redoutable « Michael » (mon préféré) et le rappel explosif de « This Fire » Mais j’ai également profité de cette soirée avec de nouvelles amies, avec qui j’espère désormais partager plein d’autres concerts. J’ai découvert une autre facette d’Alex Kapranos, encore plus charismatique et prêt pour le dancefloor (et pour l’avenir). Et je suis tombée amoureuse de leurs derniers morceaux « Feel The Love Go » (terriblement dansant) et « Finally » (magnifique ode à la famille qu’on se choisit), extraits de leur nouvel opus Always Ascending et dont je n’avais pas vraiment su apprécier la valeur sur CD. Pour moi, et sûrement pour un grand nombre de leurs fans de la première heure, aller à un concert de Franz Ferdinand, ce n’est donc pas juste aller écouter de la musique : c’est raviver un petit bout de son passé tout en continuant à écrire son histoire.

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